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Au pied du courant et des barricades de Kanesatake

Image en bandeau : Pierre Vallières faisant un speech, lors des sit-in devant le siège social d’Hydro-Québec | Photo : André Querry, avec son aimable autorisation

Il y a 35 ans, la crise d’Oka – événement que les Kanien’kehá:ka (Mohawk) préfèrent souvent appeler « le siège de Kanehsatà:ke et de Kahnawà:ke » – secouait le Québec et le Canada tout entier. Pendant 78 jours, à l’été 1990, la communauté mohawke de Kanehsatà:ke s’est opposée à l’agrandissement d’un terrain de golf sur des terres ancestrales, incluant un cimetière et une pinède sacrée. Ce face-à-face tendu entre les Mohawks, la Sûreté du Québec, puis l’armée canadienne, a mis en lumière les profondes injustices coloniales toujours à l’œuvre.


Ce dossier, publié progressivement entre le 11 juillet et le 26 septembre, dates de ces événements qui ont à l’époque attiré l’attention mondiale sur les revendications territoriales des peuples autochtones au Canada, propose de revenir sur ces journées de l’été 1990 en vous offrant une entrevue exclusive avec Ellen Gabriel, figure emblématique de la résistance menée alors par la communauté de Kanehsatà:ke, un compte-rendu du récent livre d’entretiens d’Ellen Gabriel, Quand tombent les aiguilles de pin. Une histoire de résistance autochtone, et cinq textes explorant la solidarité de groupes chrétiens d’ici et d’ailleurs mobilisés à l’époque.

En supplément : une entrevue de Frédéric Barriault avec Jean Robitaille.

Conseiller en développement stratégique auprès de divers organismes de la société civile, Jean Robitaille est également issu des réseaux chrétiens engagés socialement. Membre de la communauté de base Au pied du courant et rédacteur en chef de la revue Recto verso, il s’est durablement investi dans le quartier Centre-Sud, à Montréal, où il a notamment contribué à la fondation d’une coopérative d’habitation. Son expertise en économie sociale l’a amené à travailler auprès de nombreuses organisations actives dans ce domaine, du Chantier de l’économie sociale aux centres de la petite-enfance, en passant par le milieu du logement social et coopératif. Il a aussi noué des liens durables avec les Premiers Peuples, ayant accompagné le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, de même que les élus de la nation Pekuakamiulnuatsh (Mashteuiatsh). Des amitiés et des solidarités qui remontent à ses premiers engagements sociaux.

Jean Robitaille | Photo : auteur inconnu
Jean Robitaille | Photo : auteur inconnu

Frédéric Barriault – Dans les années 1970 et 1980, les milieux chrétiens de gauche s’enthousiasment pour la théologie de la libération et la mise en place d’une Église populaire, enracinée dans les luttes ouvrières, en rupture de plus en plus ouverte avec la hiérarchie catholique, particulièrement pendant le pontificat de Jean-Paul II. À cette époque s’érige tout un écosystème militant autour des prêtres et des religieuses engagées en usine, du Centre de pastorale en milieu ouvrier (CPMO) et de la revue Vie ouvrière qui gravitent autour du Centre St-Pierre, dans le quartier Centre-Sud, à Montréal.

Parlez-moi un peu de ce milieu que vous avez connu de l’intérieur.

Jean Robitaille – Au départ, le Centre de pastorale en milieu ouvrier était une espèce de « club » pour religieux et prêtres-ouvriers. Au tournant des années 1980, le CPMO amorce un virage en multipliant les activités à l’intention des militantes et militants laïques de l’Action catholique ouvrière : Jeunesse ouvrière catholique, Mouvement des travailleurs chrétiens, avec un élargissement progressif vers la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et le Mouvement des étudiants chrétiens du Québec (MECQ). À une époque où la gauche marxiste se méfie des militant·e·s chrétien·ne·s qu’on accuse de vouloir infiltrer le mouvement ouvrier et le mouvement étudiant. Une méfiance qui s’est estompée au fil du temps.

Vers la fin des années 1980, le CPMO dessert un public formé pour l’essentiel d’étudiantes et d’étudiants chrétien·ne·s passés par la JEC et le MECQ. Et de plus de plus des militant·e·s issu·e·s de mouvements sociaux séculiers sans attache chrétienne. Un indice de la sécularisation de la mouvance, qui reconnaît certes son attachement à la tradition chrétienne progressiste, mais sans cependant s’afficher publiquement en tant que chrétienne. D’autant que bon nombre de nos camarades de lutte étaient des militant·e·s de gauche agnostiques ou athées, pas toujours bien disposé·e·s envers le christianisme. Nos camarades marxistes se faisaient un malin plaisir de nous ridiculiser, nous, les militant·e·s chrétien·e·s. Sans amertume de notre part, cela dit, d’autant que nous fréquentions les mêmes milieux et étions partie prenante des mêmes luttes sociales. Celle du logement social, notamment.

Parmi mes voisin·e·s de palier au Centre St-Pierre, il y avait François Saillant, le porte-parole du FRAPRU, le Front d’action populaire en réaménagement urbain1. Nous avons collaboré de diverses manières sur ces enjeux, lui et moi. Nous étions aussi des amateurs de baseball, assez pour fonder une ligue de balle molle où « marxistes » et « chrétiens » s’affrontaient sur le terrain. Des amitiés sont nées de cette camaraderie et de ce voisinage.

Frédéric Barriault – Parlant de voisinage, il semble aussi y avoir eu une grande proximité géographique entre le Centre St-Pierre et la communauté de base Au pied du courant dont vous avez été membre. Une communauté qui logeait dans un immeuble de la rue Champlain, près du pont Jacques-Cartier, dans Centre-Sud, et aussi de la célèbre prison du Pied du courant, où Chevalier De Lorimier et ses compagnons patriotes ont été emprisonnés, puis pendus en 1839.

Pour le bénéfice de nos lectrices et lecteurs, je rappelle que, dans les années 1980, tout un réseau de communautés ecclésiales de base (CEB) s’est mis en place au Québec, en parallèle avec les expériences latino-américaines associées à la théologie de la libération. Ces communautés regroupaient des militant·e·s chrétien·ne·s qui réfléchissaient et priaient en commun, en relisant leurs engagements à la lumière de l’évangile. Étroitement associée à la figure du jésuite Guy Paiement, la communauté des Chemins est sans doute l’une des CEB les plus connues. Elle est évidemment loin d’être la seule2.

Jean Robitaille, parlez-moi un peu de la communauté Au pied du courant.

Jean Robitaille – Cette communauté de base a un ancrage dans Centre-Sud, comme le souhaitaient ses membres fondateurs, déjà enracinés dans le quartier. Parmi ces membres fondateurs, évoquons l’ex-felquiste Pierre Vallières, qui a été rédacteur en chef de la revue Vie ouvrière à la fin des années 1980, après son retour à la foi chrétienne. On y retrouve aussi Jean Ménard, prêtre des Missions étrangères, militant de gauche et cofondateur du Centre international de solidarité ouvrière, de même que son confrère Claude Lacaille, tout juste revenu du Chili. Parmi les autres membres, il y a Jean-Claude Ravet, futur rédacteur en chef de la revue Relations et son épouse Anne-Marie Claret, de même que Julie Perreault, Michel Bussière, Sylvie Bonin, Louise Lafortune et moi, qui gravitions autour du CPMO et de la revue VO. Ajoutons aussi Nadia Ladouceur, qui avait milité dans l’organisme Salut le Monde, fondé par le jésuite Michel Corbeil. Et Cecilia Prost, réfugiée chilienne, l’épouse du travailleur social et politicien trifluvien Jean-François Aubin.

Cette communauté est issue de deux dynamiques convergentes. En 1988-1989, Pierre Vallières et moi avions assisté à une série de conférences sur la vie communautaire animées, au Centre St-Pierre, par le capucin Jacques Bélanger, lui-même engagé socialement comme bon nombre de ses confrères. Un homme exceptionnel, d’une grande profondeur et un excellent orateur. Pierre [Vallières] et moi travaillions déjà ensemble à VO à ce moment-là. Nous avions aussi pris part à des actions de désobéissance civile lors du sommet du G7 qui avait eu lieu à Toronto, en 1987, en compagnie de Philippe Duhamel et d’autres militant·e·s altermondialistes. La conjugaison entre cette session de formation et cette expérience militante exaltante a fait germer l’idée de nous doter d’un espace, d’un lieu communautaire qui nous permettrait d’échanger sur nos préoccupations spirituelles, ancrées dans notre quotidien et les luttes politiques, sociales, populaires où nous étions insérés.

À la même époque, toute une génération de militant·e·s qui étaient passé·e·s par la JEC et le MECQ commençaient à quitter les mouvements d’Action catholique et se cherchaient un espace pour continuer de se fréquenter et s’inspirer les uns les autres. Indépendamment de leur provenance, tous les membres de la communauté se rejoignaient sur une vision commune, c’est-à-dire la nécessité de s’engager dans le quartier Centre-Sud afin de donner pleinement son sens à l’expérience spirituelle et citoyenne que nous désirions y vivre. Celles et ceux qui n’habitaient pas ce quartier prennent la décision de s’y établir. Puis de vivre en colocation avec les autres membres de la communauté dans quelques appartements, dont celui du 1814 rue Champlain. Et de s’engager dans les organismes communautaires du quartier, en dehors de notre travail. Ces engagements allaient d’Alerte Centre-Sud aux comités logement, en passant par les groupes d’alphabétisation, les organismes de défense des droits sociaux et les groupes de soutien aux personnes LGBT.

Nous nous réunissions une fois par semaine pour réfléchir sur nos préoccupations citoyennes, politiques et spirituelles, tant à l’échelle du quartier, qu’à celle de la politique nationale et de l’actualité internationale.

Frédéric Barriault. – Le nom de cette communauté n’est évidemment pas anodin. Pas plus d’ailleurs que la présence de Pierre Vallières en son sein. La communauté semble en effet se réclamer d’un horizon indépendantiste et révolutionnaire, en s’inscrivant dans la foulée des Patriotes et du FLQ.

Comment avez-vous articulé cet horizon nationaliste avec les autres luttes sociales dans lesquelles vous étiez engagés? Des luttes dans lesquelles l’horizon internationaliste et décolonial est évident. Et, de manière plus spécifique, comment les luttes des Autochtones en général et celles des Mohawks en particulier se sont-elles invitées dans les réflexions de la communauté Au pied du courant?

Jean Robitaille – D’entrée de jeu, je dirais que les luttes d’émancipation collective ont toujours été au cœur des engagements des membres de notre communauté. Nous suivions avec grand intérêt les luttes de libération nationale menées par les peuples de l’Amérique latine et de l’Afrique, tout en étant très attentifs à celles des peuples autochtones du continent américain. Des luttes auxquelles le Québec n’échappait pas lui non plus. Le projet indépendantiste était aussi une lutte d’émancipation et de libération nationales, comme on en observe un peu partout dans le monde à cette époque. N’oublions pas que Pierre Vallières a été activement solidaire des luttes des Black Panthers aux États-Unis. Des solidarités internationales ont alors été tissées par le mouvement indépendantiste québécois.

Manifestation contre l'apartheid en 1986. Jean Robitaille est le troisième à partir de la droite, entre les deux bannières, portant les cheveux longs | Photo : auteur inconnu
Manifestation contre l’apartheid en 1986. Jean Robitaille est le troisième à partir de la droite, entre les deux bannières, portant les cheveux longs. | Photo : André Querry, avec son aimable autorisation

Nous étions évidemment dans un tout autre contexte : à l’époque, le titre du célèbre essai de Pierre Vallières ne faisait pas débat. Au contraire, même : ce livre mettait en évidence une conscience internationaliste et anti-impérialiste qui était partagée par plusieurs militant·e·s indépendantistes. Et qui étaient très critiques, donc, du colonialisme et de l’impérialisme des grandes puissances occidentales.

On peut cependant se questionner sur le peu de liens qui ont été noués par les milieux progressistes québécois avec les nations et organisations autochtones. Il faut cependant reconnaître que, dans les années 1970 et 1980, la société civile autochtone n’était pas aussi organisée qu’elle peut l’être de nos jours. C’était avant Idle No More. L’organisme Femmes autochtones du Québec était alors en pleine émergence. Les centres d’amitié autochtones étaient avant tout des points de service et de dépannage en milieu urbain. Tant et si bien qu’il y avait peu d’organismes autochtones grassroot engagés dans la défense des droits des Premiers Peuples. Dans les communautés autochtones, les Conseils de bande occupaient la quasi-totalité de « l’espace social », ce qui cantonnait la société civile autochtone aux marges des institutions collectives. Ce qui laissait peu de marge de manœuvre aux voix autochtones dissidentes dans les années 1980. Les choses ont cependant beaucoup changé au cours des dernières années, avec l’émergence d’une jeunesse autochtone engagée, décomplexée et revendicatrice. Dont un grand nombre de jeunes femmes.

Mon tout premier contact avec les luttes autochtones a eu lieu en 1981, lors des événements de Restigouche et de la lutte des Mi’gmaq pour la défense de leurs droits de pêche traditionnels. Une lutte qui avait été abondamment couverte par Vie ouvrière et Presse Libre, si ma mémoire est bonne. Ce fut le début de ma sensibilisation à ces réalités. La crise à Kanesatake a accéléré cette sensibilisation, tant pour moi que pour les membres de notre communauté.

Frédéric Barriault – On constate en effet une intéressante convergence entre les luttes pour la justice sociale, celles pour l’indépendance nationale et la prise de conscience des injustices vécues par les peuples autochtones au Québec. La trajectoire de l’anthropologue Rémi Savard est intéressante à ce sujet, lui qui a été aux premières loges du rendez-vous manqué entre le mouvement indépendantiste et les peuples autochtones, lors de la rencontre du Château Frontenac en décembre 1978. Avant d’être profondément déçu du manque de volonté politique du Parti québécois sur les enjeux autochtones. Le même Rémi Savard qu’on retrouvera en 1990, au sein du mouvement de solidarité avec les Mohawks, lors du siège de Kanesatake.

Comment la communauté Au pied du courant en est-elle venue à se joindre à ce mouvement de solidarité avec les Kanienkeha:ka?

Jean Robitaille – Le point de départ est pour le moins trivial et terre à terre. Au Centre St-Pierre, j’avais comme voisin de palier François Saillant, le coordonnateur du FRAPRU. Comme nous nous côtoyions tous les jours, j’ai rapidement entendu parler du mouvement de solidarité avec les Mohawks dont il était l’un des animateurs. J’en ai donc fait part à nos ami·e·s d’Au pied du courant.

Plusieurs membres de notre communauté avaient également vécu des expériences de solidarité avec les peuples autochtones en Amérique du Sud : Claude Lacaille, par exemple. Les membres de notre communauté avaient également été sensibilisés aux luttes autochtones par le biais de L’Entraide missionnaire qui avait organisé plusieurs rencontres à ce sujet, en mettant en évidence des personnes-ressources issues des Premières Nations. On avait notamment entendu une conférence de Nicole O’Bomsawin et vécu des sessions de formation avec des Mohawks. Ce qui a préparé le terrain pour la mobilisation de nos réseaux à l’été 1990. J’avais moi-même suivi d’assez près ces enjeux, en tant que co-coordonnateur du Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine.

Dissipons toute de suite un malentendu : il n’y a jamais eu de décision commune de nous engager en tant que communauté dans ce mouvement de solidarité avec les Mohawks. Non pas parce que nous y étions indifférent·e·s, mais parce que ce n’était pas ainsi que se déployaient nos dynamiques communautaires. Cela dit, c’était naturel pour plusieurs d’entre nous de nous y engager, à titre personnel, comme ce sera le cas pour Pierre Vallières et moi, entre autres. D’autant que, dans nos rencontres hebdomadaires, le siège de Kanesatake était au cœur de nos discussions.

En 1990, François Saillant a assurément été l’une des chevilles ouvrières du Regroupement de solidarité avec les Autochtones. Plusieurs membres de notre communauté y ont aussi contribué, de deux manières. Nous avons d’abord pris part aux occupations quotidiennes du boulevard Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque), devant le siège social d’Hydro-Québec, où se trouvaient alors les bureaux du premier ministre du Québec.

Quelques semaines plus tard, avec deux amis qui m’accompagnaient, Pierre Céré et Stéphan Corriveau, nous avons pris la décision de partir vers Oka afin de « faire quelque chose ». Notre objectif était de nous placer devant les soldats afin de nous interposer entre eux et les Mohawks. Avec une certaine prétention juvénile, disons-le d’emblée. Une fois arrivés sur place, Pierre Céré, Stéphan Corriveau et moi avons déchanté assez rapidement. Les résistant·e·s kanien:keka faisaient déjà tout ce qui devait l’être pour tenir tête aux militaires canadiens. Ils nous ont plutôt proposé d’organiser un Camp de la paix devant la barricade de l’armée.

C’est à cette résistance non violente que nous allons finalement nous consacrer. Ce Camp de la paix va mobiliser plusieurs centaines des personnes pendant près d’un mois et demi, jusqu’au démantèlement des barricades à la fin septembre. À un certain moment, il y avait près de 200 personnes au campement de la paix avec des moyens assez rudimentaires (je me souviens avoir dû dormir dans ma voiture pendant plusieurs nuits). Ce fut une expérience aussi exaltante qu’éprouvante, avec des gens de toutes les chapelles idéologiques qu’il fallait faire cohabiter dans un même lieu, à l’issue d’assemblées délibérantes presque à temps plein. Tout en veillant aux questions logistiques au jour le jour. Ce fut malgré tout une expérience militante importante, significative pour moi et plusieurs autres membres de notre communauté.

Frédéric Barriault – Comment cette expérience de solidarité a-t-elle teinté vos engagements au cours de mois et années subséquentes ?

Jean Robitaille – Ce fut une expérience fondatrice pour plusieurs d’entre nous, même si nous étions déjà considérablement engagés sur cet enjeu depuis plusieurs années déjà. Cela dit, elle nous a amenés à en faire davantage sur ce front, tant en matière de conscientisation que d’action. Deux membres de notre communauté ont vécu pendant quelques années dans la communauté inuite d’Ivujivik au Nunavut. L’expérience de la crise d’Oka est venue raffermir cette volonté d’engagement solidaire avec les Premiers Peuples.

Cette expérience a aussi été marquante pour moi. Depuis une quinzaine d’années, je suis davantage impliqué avec les centres d’amitié autochtones et les initiatives en économie sociale au sein des communautés.

Je reste convaincu qu’il y a un énorme rattrapage à faire, non seulement sur le plan des investissements dans les infrastructures éducatives au sein des communautés, mais aussi en matière de lutte aux préjugés tenaces envers les Autochtones. Il suffit de lire les commentaires racistes sur les médias sociaux chaque fois qu’une nouvelle est publiée en lien avec les réalités autochtones.

Je l’ai vécu de manière personnelle, il y a quelques années, après l’annonce d’un projet d’hébergement pour étudiant·e·s autochtones à Sept-Îles. Nous nous sommes heurtés à une réaction hostile de la communauté allochtone locale. Ces commentaires haineux ne sont pas proférés par des militant·e·s d’extrême droite, mais plutôt par des gens ordinaires. C’est ça qui est inquiétant.

Il reste énormément de travail à faire en matière de conscientisation.

 

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