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Capitaine

Image en bandeau : Bancs de salle de cinéma | Photo : Denise Jans/Unsplash

Tourné en innu et en anglais (sous-titré en français), le premier long-métrage du réalisateur William Mazzoleni Valin, Capitaine, s’ouvre sur des paysages grandioses de la Côte-Nord. La trame du film tourne autour du personnage principal appelé Capitaine (Wayne Charles Baker) et de sa fille Mia (McKensie Kahnekaro:roks Deer) dans les différentes étapes de leur vie...

Le père est protecteur, mais sa bienveillance devient étouffante en raison de sa rigidité. Le père est porté par ses principes, il marche droit, même si, autour de lui, les influences néfastes sont présentes.

Entraîné par ses valeurs, il fait des choix souvent incompréhensibles pour les siens, pensant les protéger. La relation s’envenime, il n’explique pas à sa fille le pourquoi de ses agissements. Le père désire plus que tout que sa fille Mia suive ses traces et travaille sur son bateau avec lui et ses deux employés, deux jeunes hommes de la communauté.

Lorsqu’elle finit par accepter, non par choix, mais par amour, la vie du patriarche se transforme complètement, pour le mieux, cela dit. D’ailleurs, nous assistons à une belle scène du film lorsqu’on le voit travailler sur le bateau avec ses acolytes et sa fille. On assiste à quelque chose de tout simple, mais de tellement touchant, quand on lit le pur bonheur sur son visage. Capitaine travaille physiquement sur son bateau, ou on le voit tout bonnement debout sur le quai, à manger son sandwich, à échanger des banalités et à rigoler candidement avec ses collègues et ce qu’il a de plus précieux, sa fille. Il a donné sa vie pour les siens, autant pour sa femme (très bien interprétée par Kathia Rock) et sa fille que pour sa communauté.

Le personnage du père est intéressant du fait de sa droiture et de ses principes. On comprend rapidement son mal de vivre et les tourments qui l’habitent; en revanche, cet aspect de sa personnalité aurait pu être creuser davantage. L’enfance du personnage, comme sa vie de jeune adulte, semble avoir été « difficile ». Au départ, lorsqu’il fonde sa famille, on sent que tout est possible. C’est là que l’espoir renaît, ou commence, peut-être même.

À plus d’une reprise, on a droit à des chansons de Florent Volant, mais outre la musique, l’habillage sonore est magnifique. Les sons enrichissent le film.

En contrepartie, on sent que le personnage principal, ainsi que le film lui-même, s’essouffle un peu bien avant la fin. On remarque particulièrement cette perte de vitesse lorsque Capitaine apprend que sa fille, partie faire sa vie comme elle l’entend, est mêlée à une affaire de drogue et qu’il part à sa recherche.

Sans absolument chercher un dénouement heureux, la fin nous laisse avec un manque. Mais peut-être n’y avait-il justement pas de fin idéale, comme c’est souvent le cas. Plusieurs conclusions auraient pu terminer cette histoire de traumas générationnels, mais une fin pleine d’espoir aurait été parfaite, parce que, de l’espoir, on en sent tout au long du film.

 

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