Aller au contenu Aller à la barre latérale Atteindre le pied de page

Fêter 30 ans… en enlevant ses chaussures

Image en bandeau : Mission chez nous a 30 ans | Photo : Andrew Seaman/Unsplash

À noter : À l’occasion du 30e anniversaire de Mission chez nous, que nous soulignerons au cours des prochains mois, nous publierons, à raison d’un par semaine, plusieurs articles qui seront regroupés sous la rubrique « Mission chez nous a 30 ans ». Ils feront état du parcours de l’organisme, des intuitions de départ qui l’ont nourri jusqu’aux horizons à entrevoir, en passant par la riche expérience de l’engagement actuel des personnes présentes au sein des communautés autochtones. Témoins du passé, membres du CA, intervenantes et intervenants pastoraux, allié·e·s, membres des Premiers Peuples prendront la parole pour raconter ce périple hors du commun, axé sur la rencontre et le dialogue. À ne pas manquer !


Dans ce premier texte, l’équipe de Mission chez nous réfléchit sur ce que représente ce 30e anniversaire.

En 2023-2024, Mission chez nous souligne 30 ans de solidarité chrétienne avec les peuples autochtones. Une route parcourue par ceux et celles qui nous précèdent au côté des Premiers Peuples et avancent pieds nus et à pas sages.

Mission chez nous souligne, en 2023‐2024, 30 ans de solidarité chrétienne avec les peuples autochtones. Trente années à soutenir une présence pastorale en milieu autochtone et à sensibiliser les communautés chrétiennes allochtones aux réalités vécues par nos frères et sœurs autochtones.

Cet anniversaire est, de plus, l’occasion de célébrer celles et ceux qui nous ont précédés : religieuses et religieux, prêtres et laïques qui ont marché au côté des communautés autochtones du territoire. De reconnaître aussi que cette présence pastorale a pu générer des blessures et de rappeler qu’elle se déploie aujourd’hui dans un désir de réparation, de guérison, sans toutefois oublier ces missionnaires qui ont su donner leur vie, développer des liens d’amitié, voire qui ont été adopté·e·s par les communautés accompagnées, des missionnaires qui ont été transformé·e·s, et même évangélisé·e·s, par les membres des Premières Nations et des peuples métis et inuit. Il s’agit de reconnaître les erreurs commises, tout en faisant mémoire des personnes qui ont œuvré en pleine cohérence avec le message évangélique, en entière solidarité avec ces peuples qui les accueillaient.

Dans le Rapport de synthèse de la première session du Synode sur la synodalité qui se terminait le 29 octobre dernier, on souligne que vivre la mission de l’Église aujourd’hui, particulièrement auprès de peuples qui ont connu la colonisation, « exige un style de présence, de service et de proclamation qui cherche à construire des ponts, à cultiver la compréhension mutuelle et à s’engager dans une évangélisation qui accompagne, écoute et apprend. L’image consistant à “enlever ses chaussures” pour rencontrer l’autre sur un pied d’égalité a résonné plusieurs fois dans l’Assemblée, comme un signe d’humilité et de respect d’un espace sacré1. » Dans ce travail de riche dialogue en phase avec les travaux du Synode, les communautés chrétiennes en milieu autochtone nous invitent à faire Église autrement, à nous ouvrir aux autres cultures et à d’autres possibilités liturgiques, toujours dans une optique d’enrichissement mutuel.

« La mission de l’Église aujourd’hui exige un style de présence, de service et de procla­mation qui cherche à construire des ponts, à cultiver la compré­hension mutuelle et à s’engager dans une évangélisation qui accompagne, écoute et apprend. »

En adoptant cette attitude d’humilité, de respect et de décentrement, les intervenantes et intervenants pastoraux témoignent de ces attitudes que nous devons adopter collectivement. Ils sont en première ligne de cette « réconciliation » dont on parle si souvent.

Ils vivent au quotidien ce travail d’écoute, de rencontre, de dialogue, assurant une présence sans attente de résultats, portés par un désir de tisser des relations égalitaires, sans rien brusquer. Une présence qui contribue, notons‐le, au bien commun, à une démarche collective, à un vivre‐ensemble qui déborde le seul cadre ecclésial. Des ponts se créent, des liens se tissent, une meilleure compréhension mutuelle émerge pour le bien de toutes et tous.

Aussi, c’est avec gratitude que nous célébrerons, en ce 30e anniversaire, les pas feutrés et sages de ces hommes et femmes qui, de part et d’autre, empruntent des sentiers de paix.

Anne-Marie Forest, Gérard Boudreault, o.m.i. et Nnaemeka Ali, o.m.i., intervenants pastoraux en milieu autochtone
Anne-Marie Forest, Gérard Boudreault, o.m.i. et Nnaemeka Ali, o.m.i., intervenants pastoraux en milieu autochtone | Photo : Mathieu Lavigne

Laisser un commentaire