Image en bandeau : Quelques membres de la communauté anicinabe Long Point First Nation lors du dimanche des Rameaux | Photo : Reegan Soosai
Luc Ngonda-Nkoy Losaila est intervenant pastoral en milieu autochtone à la Mission Sainte-Anne à Winneway où il accompagne la communauté anicinabe Long Point First Nation depuis quelques années. Le peuple anicinabe l’apprécie beaucoup et il lui rend la pareille. Il a accepté de nous parler de la culture et de la spiritualité de ce peuple « accueillant et soudé », comme il l’affirme, qu’il a appris à mieux connaître.
Je suis un prêtre du diocèse de Rouyn-Noranda, mais je suis originaire de la République démocratique du Congo. J’ai été ordonné en 2009 et je suis arrivé au Québec en 2018. Actuellement, j’œuvre comme administrateur paroissial et missionnaire au sein du diocèse, et je dessers notamment les paroisses de Ville-Marie, de Laforce, de Belleterre et de Laverlochère. Mais je suis aussi intervenant pastoral en milieu autochtone à la Mission Sainte-Anne à Winneway. Et j’avais envie de partager avec vous quelques éléments de la culture de la communauté Long Point First Nation qui y vit et que je côtoie depuis un certain temps.

Le peuple des Anichinabés de Winneway, également connu sous le nom de Long Point First Nation, est une communauté dynamique de la nation algonquine située en Abitibi-Témiscamingue, au Québec.
On peut présenter quelques éléments clés de leur culture et de leur mode de vie ainsi : d’abord, sur le plan de l’identité et de la langue, les membres de cette communauté autochtone se désignent comme des « Winnewayinini » (peuple de Winneway, dans leur langue) et font partie de la grande nation anicinabe, ce qui signifie « vrais hommes ». Les langues qu’ils parlent couramment sont l’algonquin (ou l’anicinabemowin) et l`anglais.
Ensuite, pour ce qui est de son emplacement, la communauté est située sur la rive sud de la rivière Winneway, à environ 114 km à l’est de Ville-Marie et à 80 km au sud de Rouyn-Noranda (161 km par la route).
Traditionnellement nomades, les Anicinabe de la région vivaient de la chasse, de la pêche, du piégeage et de la cueillette. Aujourd’hui, ils perpétuent, en particulier, des traditions artisanales telles que la fabrication de mocassins, la broderie en perles, les paniers en écorce de bouleau et le tikinagan (porte-bébé traditionnel).
Je porte aussi votre attention sur leur culture profondément associée au territoire, considéré comme un site sacré. Ainsi, le respect de l’environnement est crucial. Sur le plan spirituel, leur culture est guidée par les enseignements sacrés de ces Sept Grands-Pères (valeurs fondamentales) : l’amour, l’honnêteté, le respect, la vérité, le courage, la sagesse et l’humilité. Les aînés sont considérés comme les gardiens de cette mémoire.

De plus, la relation des Anichinabés de Winneway (Long Point First Nation) avec le Créateur, souvent appelé Dieu, Kitchi Manitou, Grand Esprit ou Grand Mystère, une puissance surnaturelle inhérente à toutes choses, vivantes ou non, est profonde, ancrée dans la terre. Pour eux, une âme habite toute chose, et la spiritualité est vécue en connexion avec la nature. La communauté utilise la Roue de la Médecine comme un guide spirituel, représentant l’interconnexion de la vie et le bien-être physique, mental, émotionnel et spirituel.
Elle est aussi marquée par un mélange de spiritualité traditionnelle et de catholicisme. Depuis la fondation de la mission Sainte-Anne par les Oblats en 1884 à Long Point, la communauté intègre souvent des rituels catholiques à leurs pratiques traditionnelles. D’ailleurs, pour renforcer leur relation avec le Créateur, ils participent, en particulier, aux célébrations eucharistiques les samedis toutes les deux semaines, généralement précédées par la confession individuelle.
Par exemple, pour les membres de la communauté Long Point First Nation, des rituels sont associés à la chasse, permettant de demander l’aide du Créateur avant de chasser et de remercier l’animal pour son sacrifice.
Depuis que je les accompagne, je remarque que ces quelques éléments sont très importants pour eux : l’amour de prière; l’humilité; la solidarité pendant les moments difficiles, par exemple lors des funérailles; leur grand respect de la nature; le maintien de leur langue traditionnelle. En fait, les membres de la communauté Long Point First Nation forment un peuple vraiment accueillant et soudé. Cependant, il ne respecte pas le temps… Mais, en cette matière, il serait important d’être patient avec eux.
J’ajouterais, enfin, que la communauté est affiliée au conseil tribal de la Nation algonquine Anishinabeg et cherche à préserver son identité tout en favorisant le plus possible le développement durable, ce qui représente une préoccupation nécessaire aujourd’hui.

Luc Ngonda-Nkoy Losaila est un prêtre du diocèse de Rouyn-Noranda. Il est originaire de la République démocratique du Congo. Il a été ordonné en 2009 et est arrivé au Québec en 2018. Actuellement, il œuvre comme administrateur paroissial et missionnaire au sein du diocèse, et dessert notamment les paroisses de Ville-Marie, de Laforce, de Belleterre et de Laverlochère. Il est aussi intervenant pastoral en milieu autochtone à la Mission Sainte-Anne à Winneway où il accompagne la communauté anicinabe de Long Point First Nation depuis un certain temps. Il est enfin un grand amateur de soccer et il s’implique beaucoup auprès des jeunes qui pratiquent ce sport.

