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« Maman Marie »

Image en bandeau : Autel extérieur dédié à « Maman Marie » et au Christ | Photo : Pascale Haddad

L’été dernier, un groupe de dix pèlerin·e·s autochtones et allochtones rassemblé·e·s, accompagné·e·s de Mgr Martin Laliberté, évêque de Trois-Rivières, s’est envolé vers Medjugorje, en Croatie. Ce séjour leur a permis de partager de beaux moments spirituels sous le signe de la réconciliation et de la guérison. Pascale Haddad nous raconte sa propre expérience.

Je reviens d’un pèlerinage en Croatie – plus précisément à Medjugorje – qui s’est effectué du 22 juillet au 2 août 2023. Nous étions 10 pèlerins accompagnés par Mgr Martin Laliberté, évêque de Trois-Rivières.

Ce pèlerinage, organisé par l’Association Regina Pacis, était ouvert aux Autochtones et aux non-Autochtones pour vivre ensemble une expérience de réconciliation et de guérison. Le groupe était composé de six membres de la communauté atikamekw et de cinq allochtones.

Lors du dernier repas entre nous à Medjugorje, chacun·e a partagé aux autres, à tour de rôle, son coup de cœur du pèlerinage. J’écris cet article pour vous faire part du mien. Alors que je m’adressais particulièrement aux six pèlerines atikamekw, voici ce que je leur ai exprimé :

« Vous savez, on vient tous au pèlerinage à Medjugorje avec un espoir secret de voir sainte Marie nous apparaître dans le ciel… Mais moi, c’est dans le cœur de chacune de vous que sainte Marie m’est apparue. Malgré tout ce que vous avez traversé dans votre vie, toutes vos souffrances, tous vos combats, toutes vos victoires personnelles, Marie demeure encore dans votre cœur aujourd’hui. Elle est votre refuge, votre réconfort, votre “maman” : Maman Marie. Oui, Maman Marie. Pas Notre-Dame-de-Medjugorje. Pas la Mère de Dieu. Pas sainte Marie. Mais, Maman Marie. Avec toute la tendresse que cette appellation peut contenir.

« À l’aller, j’ai été déroutée, à l’aéroport, quand pour la première fois j’ai entendu cette expression de la bouche de l’une de vous. Les larmes me sont montées aux yeux. Mon pèlerinage venait de commencer. Quand vous parlez d’elle, votre visage s’illumine. Elle resplendit dans chacun de vos gestes et de vos paroles. Elle est le Rosaire qui vous lie ensemble. Elle est le Rosaire qui vous lie au Créateur.

« Oui, elle est le Rosaire qui vous lie ensemble – frères et sœurs de la communauté atikamekw. Celles qui faisaient le pèlerinage pour la énième fois avaient à cœur de faire découvrir les lieux et de partager leurs expériences de conversion à celles qui venaient pour la première fois. Ce rayonnement ne s’arrêtait pas à vous six. Il s’étendait à toute la communauté. Vous aviez à cœur d’apporter des chapelets à toutes les personnes que vous côtoyez – familles, amis, connaissances. Il ne fallait pas en oublier. Votre générosité n’avait d’égale que votre enthousiasme à dénicher de bons magasins de souvenirs.

« Maman Marie est également le Rosaire qui vous lie à Dieu. Au Créateur. Vous recherchez sa présence dans les fleurs, les arbres, les animaux, les montagnes, la brise. Vous êtes attentives à la beauté de Dieu dans chacun de ces éléments. Nos trajets d’autobus et nos promenades étaient un hymne à la nature.

« Au moment du départ, certaines d’entre vous étaient tristes. Tristes de ne pas avoir pu réciter le chapelet en atikamekw au complet. Tristes pour leurs maris qui ne veulent plus croire. Tristes pour leurs jeunes qui ne veulent pas croire. Vous avez choisi de ne pas mettre la lumière du Christ sous le boisseau. Vous pensez déjà à l’amour, à la compréhension et à la joie que vous allez transmettre à vos familles et à vos amis par le biais de vos gestes, de votre regard, de vos paroles.

« Mikwetc à chacune de vous d’avoir illuminé mon pèlerinage. Votre témoignage de foi vivante m’a permis, à moi, allochtone, de faire de nouveaux pas de réconciliation avec l’Histoire. Mikwetc à Maman Marie ! »

À l'ombre des platanes | Photo : Pascale Haddad
À l’ombre des platanes | Photo : Pascale Haddad
Pendant la célébration | Photo : Pascale Haddad
Pendant la célébration | Photo : Pascale Haddad
Sur le flanc de la montagne | Photo : Pascale Haddad
Sur le flanc de la montagne | Photo : Pascale Haddad

1 Comments

  • Colette
    Publié 2 avril 2024 à 9 h 56 min

    Surprenant et pas surprenant témoignage de Pascale. On ressent sa bonté, son écoute et ses convictions. Sa plume les rend bien. Merci

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