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Marcher ensemble vers la guérison et la réconciliation

Image en bandeau : Reegan Soosai, c.m.f. et des membres de la communauté de Long Point First Nation |
Photo : Reegan Soosai

En tant qu’Église, sur notre chemin vers la guérison et la réconciliation, nous nous rappelons ces paroles de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui portez de lourds fardeaux, je vous donnerai du repos. » (Matthieu 11, 28) C’est là aussi notre mission.

Au Canada, le terme « peuples autochtones » désigne trois catégories de nations : les Inuits, les Premières Nations et les Métis, qui, réunis, représentent environ 1,5 million de personnes, soit 5 % de la population canadienne. Depuis 1990, en tant qu’Église pèlerine, nous parcourons un long chemin avec eux. Celui-ci nous a amenés, après avoir pris connaissance de leurs souffrances et des injustices subies au cours de l’histoire et encore aujourd’hui, à mettre en œuvre un acte de restitution afin de réparer les dommages causés aux peuples autochtones et, prenant en compte notre responsabilité collective, d’offrir le soutien requis pour qu’ils puissent pourvoir à leurs besoins matériels, pastoraux et spirituels. Il s’agit là d’une exhortation à nous engager à vivre la Bonne Nouvelle du Christ pour les plus vulnérables.

Un des « appels à action » proposés par la Commission de vérité et de réconciliation a été accompli avec la visite du pape François au Canada en juillet 2022, en tant que pèlerin pénitent venu offrir ses excuses au nom de l’Église catholique universelle et de l’Église catholique du Canada. Il s’est agi d’une expression de soutien aux peuples autochtones et d’une reconnaissance formelle des fautes commises par quelques membres de l’Église dans le passé et par la participation de l’institution au système des pensionnats. Selon moi, cette démarche a été très appréciée et acceptée par la population autochtone en général.

L’expérience de deux ans que j’ai vécue avec la Première Nation Anicinabe, faisant partie du diocèse de Rouyn-Noranda, m’a permis de comprendre plus clairement que le « besoin premier » de ce peuple était simplement de sentir qu’on lui témoigne un véritable respect et qu’on reconnaît sa dignité humaine à la base. En fait, comme peuples distincts, nous sommes unis dans notre lutte pour l’autonomie et l’autodétermination sur les plans économique, politique, éducatif, social, culturel et linguistique.

Pour nous, l’une des façons de concrétiser ce « cheminement commun vers la guérison et centré sur le Christ » amorcé par l’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall, où j’habite maintenant et exerce mes nouvelles fonctions, est d’abord d’organiser une séance de formation sur la culture, l’histoire et le mode de vie des peuples autochtones dans toutes les paroisses, une formation appelée « Exercice des couvertures », afin de mieux comprendre ce qu’ont été la colonisation et ses effets, de faire tomber tout préjugé et de pouvoir intégrer sans crainte certains des rituels de guérison des sœurs et frères autochtones dans nos liturgies sacrées. Il est important, après avoir tiré les leçons de nos expériences passées, de faire de petits pas vers d’autres cultures avec respect et dignité de manière à vivre et à promouvoir la « fraternité universelle » dont parle spécialement l’encyclique Fratelli Tutti du pape François.

Selon le Centre de collaboration nationale de santé autochtone, la guérison est le troisième étape d’un processus qui mène à une véritable réconciliation. Cependant, pour y arriver, nous devons d’abord passer par les deux premières, à savoir la reconnaissance et la justice réparatrice. Aussi, les experts sont d’avis qu’actuellement, le processus ne fait que commencer, selon les intentions qui se manifestent actuellement au sein de notre pays et de notre Église. Il y a donc encore beaucoup à faire, mais il y a aussi beaucoup d’espoir que nous puissions atteindre Mino-bimaadiziwin, un mot anicinabe qui signifie « la bonne vie ». Il s’agit d’un concept autochtone unificateur et transcendant qui, lorsqu’il est activé, englobe le passé, le présent et l’avenir de la vie dans son intégralité et en toute harmonie, ce qui aide à développer une « relation juste » avec Dieu, le cosmos, soi-même et les autres.

En somme, nous pouvons donc évoquer ces paroles de Jésus : « Je suis venu pour que tous aient la vie en abondance. » Alléluia ! 

Je vous souhaite un merveilleux pèlerinage sur le chemin sacré de l’espérance et de la guérison!

Note : cet article a été publié à l’origine dans le bulletin paroissial des paroisses Holy Cross et St. Bernard à Ottawa.

1 Comments

  • Diana Garcia
    Publié 23 novembre 2023 à 21 h 12 min

    Belle reflexion mon Père!! Quand sera la séance de formation sur la culture, l’histoire et le mode de vie des peuples autochtones dans notre paroisse?

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