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Mystère de la rencontre

Le père Reegan Soosai lors du rassemblement du 30e anniversaire | Photo : Pascal Huot/Mission chez nous

Le père Reegan Soosai, c.m.f., était présent lors du rassemblement des 5 et 6 mars derniers à Trois-Rivières soulignant les 30 ans d’existence de Mission chez nous. De retour chez lui, porté par les rencontres et les témoignages vécus pendant ces journées inoubliables, il a écrit le texte qui suit, une sorte de résumé poétique faisant état du sens personnel et profond qu’il en a dégagé. Il y présente ce moment unique organisé par Mission chez nous, où avaient rendez-vous autochtones de partout au Québec, intervenantes et intervenants pastoraux en milieu autochtone, évêques et autres personnes alliées, comme un pèlerinage d’espérance, une célébration significative du mystère pascal.

Il est temps de célébrer les 30 ans de service,
de connexion et de vie de Mission chez nous
En effet, c’était un mystère pascal.
Des nations et des peuples différents,
mais unis par l’esprit et le cœur,
ont eu le désir de voyager ensemble dans le canoë de la vie
vers le pardon et la paix.

Les autochtones y ont raconté leur vie
pleine de douleur, de chagrin et de souffrance.
C’était très émouvant et touchant.
Ces témoignages nous ont fait ressentir les mêmes choses qu’eux
et nous ont donné envie de dire « basta » (assez) aux abus, avec eux.

En fait, il s’agissait du partage du mystère pascal,
un partage de la souffrance de Jésus, de la douleur de l’humanité.
Le symbole en est le canoë.
Oui, nous voyageons toutes et tous sur des eaux différentes, parfois houleuses.
Les gens réclament la reconnaissance de ce qu’ils sont
– premier pas vers la réconciliation –
avec toute leur dignité, toute leur histoire,
toute leur spiritualité, toute leur culture et leur raison d’être.

La souffrance profonde nous conduit à vivre des moments
sombres et amers dans la vie,
à nous sentir incapables de nous en sortir et de nous relever,
comme s’il n’y avait plus rien,
un silence complet.
Tout semble être un hiver, oui,
un lourd hiver qui dure si longtemps…
même pendant sept générations,
des années et des années, sans lumière…
Le symbole est en le bois, comme celui de la croix,
qui nous renvoie à la nature sauvage et à l’innocence
et en même temps
à la mort cruelle du corps, des émotions, de l’âme et de l’esprit.

En effet, il s’agissait d’un mystère pascal,
celui de la mort sur la croix.
Les gens réclament une justice réparatrice.
Jésus est mort en disant : « Père, que ta volonté soit faite. »
Certains Anicinabek ont dit que, lorsque Jésus est mort,
il nous a donné une cinquième direction,
en plus des quatre directions traditionnelles : celle qui va vers le haut.
Oui, celle qui se déploie en regardant vers le Créateur, celle de l’espoir.
Le symbole de la plume est justement un signe d’unité et une harmonie du cœur.

Cette mort conduit à une nouvelle vie.
C’est un paradoxe de la vie
qui fait renaître une nouvelle Vie
qui nous redonne la liberté et l’esprit libre.
« Je veux être médecin », disent des autochtones,
pour guérir le monde. Oui, on en a besoin.
La mort n’a pas le dernier mot,
mais l’amour oui, et il guérit le monde.
Ce Dieu qui est universellement puissant dans l’amour,
la compassion et la justice
peut apporter la guérison.

La résurrection transforme la vie et fait de nous un peuple de Dieu créateur.
Laissons le Dieu créateur nous recréer
pour mieux nous respecter les uns les autres
et construire la bonne et juste relation entre nous.

Pour certains, il s’agissait d’un voyage
de la honte au sourire,
de la culpabilité à la béatitude,
de la blessure à la dignité…

Faisons un pèlerinage de guérison
en fondant notre vie sur le mystère de la rencontre,
en célébrant le mystère pascal de Jésus-Homme et de Jésus-Dieu.
Que le Dieu-nomade soit avec nous.
Oh! Mystère pascal de l’être humain,
tu es puissant et transformateur.

Amen

Meegwetch (merci), Mission chez nous !

 

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