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Kitigan Zibi

Fondation1849Responsable actuelGeorges Chidi lheanacho, o.m.i.Pour aller plus loinSite de la communauté de Kitigan ZibiPour aller plus loinBlogue de Daniel CécireFacebookSuivre la pageSite WebWikipédiaSite WebOmiworldSite WebHistoire du QuébecShare

Mission Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire

L’histoire de la communauté anicinabe de Kitigan Zibi est intimement liée à celle de la municipalité de Maniwaki. « C’est en 1994 que la dénomination Kitigan Zibi vint remplacer le nom Maniwaki. Le conseil de bande choisit à ce moment de nommer la réserve [ainsi], puisque des traces de cette appellation remontent en 1826, alors que le terme Maniwaki apparaît vers 1850. Le Conseil de bande faisait ainsi référence à une ancienne dénomination associée à la rivière Désert. Le mot kitigan qui, en algonquin, se traduit par “désert” pouvait désigner à la fois un désert ou une terre cultivée, ou un endroit défriché par une intervention humaine. […] Le mot zibi signifierait “rivière”, correspondant aux limites territoriales [de cette communauté] créées par deux rivières: la rivière de l’Aigle et la rivière Désert. » (Wikipédia) Aujourd’hui, le territoire de la ville de Maniwaki ne fait plus partie du territoire réservé à la communauté de Kitigan Zibi.

Kitigan Zibi est la plus grande communauté anicinabe du Canada. Selon des données de mai 2022, 3 685 personnes appartiendraient à cette communauté, 1 624 personnes demeurant sur le territoire de la réserve et 2 061, à l’extérieur de la communauté. (Wikipédia) Elle se situe à environ 135 km au nord d’Ottawa.

Contexte historique

Les Anicinabek (Algonquins) parcourent depuis des temps immémoriaux le territoire baigné par la rivière Gatineau et ses confluents, en particulier celui de la rivière Désert, c’est-à-dire au nord de la rivière des Outaouais. « Depuis de nombreuses années, ces Autochtones nomades rejoignaient les Mohawks d’Oka (Lac des Deux-Montagnes, non loin de Montréal) pour la période estivale de rassemblement. Mais, en raison d’un conflit larvé entre les deux groupes, les Algonquins finirent par abandonner Oka et se rassemblèrent plutôt, à partir des années 1820 environ, sur la pointe de terrain située au sud de la rivière Désert, là où elle se déverse dans la Gatineau. » (Site web des Oblats) « Ce lieu fourmille d’esturgeons au printemps alors qu’un petit désert permet une culture rudimentaire de la courge et du maïs. » (Luc Coursol, p. 11)

Le père Hercule Clément et le frère James Brady furent les fondateurs de ce qui est alors la mission de Maniwaki. Ces missionnaires oblats arrivèrent le 18 janvier 1849 sur les berges de la rivière Gatineau et de la rivière Désert. Le village fut constitué en municipalité en 1851 et ne devint ville qu’en 1957. En langue anicinabe, le terme maniwaki signifie « terre de Marie ». Dès lors que la mission est fondée, plusieurs marchands de bois, des agriculteurs et des commerçants s’y établissent en raison de l’essor de l’industrie forestière, bouleversant le mode de vie des Anicinabek présents et limitant de plus en plus leur accès au territoire.

La mission Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire

L’église actuelle utilisée par la communauté chrétienne de Kitigan Zibi a été construite en 1917 par les Oblats spécifiquement pour la population anicinabe, qui auparavant fréquentait la paroisse de l’Assomption-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie. En fait, « il faudra la création du diocèse de Mont-Laurier pour voir le tenace et diplomate père François-Xavier Fafard obtenir la naissance d’une nouvelle paroisse autochtone et l’érection de l’église consacrée à Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire. Le frère oblat Tremblay est à la fois l’architecte et le peintre-décorateur de la jolie construction bénie par Mgr François-Xavier Brunet de Mont-Laurier en septembre 1917; avec traduction du père Fafard pour l’occasion, sermon et chants se font en langue [anicinabe]. Plus tard en 1941, le père Joseph-Étienne Guinard devient curé résidant et fait construire le presbytère. Véritable légende en Haute-Gatineau, cet oblat a d’abord œuvré dans les missions de la baie James pendant 7 ans; ce qui lui donne l’occasion de publier un premier guide en langue crie afin d’aider les autres missionnaires. En 1899, il accepte une seconde obédience pour la Haute-Gatineau. Missionnaire dans les chantiers forestiers hivernaux pendant trois décennies, il prend aussi en charge des [communautés anicinabek] du nord de l’Outaouais. Auteur du livre Les Noms indiens de mon pays, il se dévoue à Maniwaki et à Kitigan Zibi jusqu’en 1964. Il s’éteint, centenaire, au sanatorium de sa communauté à Sainte-Agathe-des-Monts en janvier de l’année suivante. » (Daniel Cécire)

Les Oblats quittent officiellement la communauté de Kitigan Zibi en 2003. La mission Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire est remise officiellement au diocèse de Mont-Laurier en avril 2006, et est aujourd’hui sous la responsabilité du diocèse de Gatineau.

Quelques mots sur la communauté anicinabe de Kitigan Zibi

« Avant les années 1970, l’Agent des affaires indiennes administrait la réserve [de Kitigan Zibi] tout en ayant tous les pouvoirs. Il y avait peu d’emplois à cette époque sur le territoire de la communauté et beaucoup de personnes quittaient la réserve pour aller travailler ailleurs au Canada et aux États-Unis […]. Certains résidents occupaient des postes non spécialisés comme aides-géologues, bûcherons et guides de chasse et de pêche. L’exode a été tellement prononcé qu’en 1963, il ne restait plus que 150 personnes dans la communauté. En 1976, quelques années après que La Loi sur les Indiens a été changée et que les [Anicinabek] reprenaient peu à peu le contrôle de leurs réserves, l’élection du chef Jean-Guy Whiteduck apporta un vent de changement et de dynamisme au sein de la communauté. » (Wikipédia)

En moins de trente ans, Kitigan Zibi a changé du tout au tout. Cette réserve autochtone est devenue un village dynamique offrant des services de plus en plus élaborés à la population. Aujourd’hui, on y trouve des entreprises, des commerces, des écoles, un centre culturel, des garderies; et le conseil de bande et plusieurs autres commodités sont à la disposition des visiteurs telles qu’une quincaillerie, un poste d’essence, un lave-auto, un lavoir automatique, des épiceries et des boutiques souvenirs et de cadeaux. (Wikipédia)