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Procession

Image en bandeau : Lire en nature | Photo : Ben White/Unsplash

Recension du livre procession de Katherena Vermette (Sudbury, Éditions Prise de parole, 2026, 105 pages). Traduit de l’anglais par Katrine Deniset et Andrina Turenne.

Poète et romancière métisse originaire de Winnipeg, Katherena Vermette propose avec procession une série de poèmes réunis autour de ce qui nous relie : la lignée, les ancêtres, les enfants, mais aussi le rapport à soi et aux autres.

Dès les premiers textes s’installe une atmosphère de bienveillance. Aaniin, Taanishi Kiiya, Biindigen : ces titres, en anishinaabemowin et en michif, sont traduits par : « mon esprit salue ton esprit », « bonjour, comment tu vas », « bienvenue ». La poète nous convie dans son univers en quelques mots, une forme de communion prend naissance.

Ainsi s’amorce la marche des instants. Avec porte-mémoire, par le biais de photographies anciennes, on s’attarde sur ces visages d’une époque révolue. Un angle, une prise de vue, une ouverture : qu’est-ce qui nous rattache à ces personnes? Une ressemblance? Une intuition? Les poèmes regroupés sous le segment rendre beau nous invitent dans l’enfance de l’autrice. S’y dessinent des moments où la fratrie, les parents, la communauté et l’ensemble des expériences vécues façonnent une vision du monde et de soi. Enfin, Matriarcat/le temps du rêve nous ramène à l’âge adulte. Le temps joue alors avec ces lignes qui se prolongent indéfiniment, dans les crevasses de notre peau, au-delà de notre propre finitude.

pis là un jour j’ai compris
qu’en reniant ma voix
je renierais mes grand-mères
toutes mes mères
avant ma mère
aussi inadéquate que je puisse être
je suis tout ce qu’elles ont

(Peyahtik, p. 99)

L’univers poétique de Katherena Vermette nous entraîne dans une multitude d’images fortes tant sur l’identité d’artiste, de femme, de mère que sur l’espace occupé ou la trace laissée. Il s’en dégage une grande humilité, une pointe d’humour, un respect indéfectible. Procession fait un bien fou à une époque marquée par tant de divisions. En ramenant le tout sous le signe de la filiation et de la continuité, l’autrice nous pousse à prendre un peu de recul. À nous de réfléchir à notre place dans cette procession…

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