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Rencontre de cœurs à Opitciwan 1

Image en bandeau : Retraite sur le Sacré-Cœur dans l’église de la Mission Saint-Étienne à Opitciwan | Photo : Jocelyne Guénard

À Opitciwan, en avril dernier, Alain Bilodeau, d.p., et Jocelyne Guénard, intervenants pastoraux en milieu autochtone, ont invité le père Benoît Guédas, prêtre de la communauté de l’Emmanuel et curé des paroisses Saint-Thomas-d’Aquin et Dina-Bélanger à Québec, à se joindre à la communauté atikamekw pour animer une retraite autour du Sacré-Cœur. Le père Guédas était accompagné d’Élise et de Laura-Maude, deux laïques. Les trois nous racontent séparément leur expérience vécue en territoire atikamekw. Premier de trois articles.

Lundi 13 mai. Au lendemain de la fête de la Divine Miséricorde après une messe célébrée à la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin, à Québec, nous partons pour une première étape. Direction Roberval. Sous une pluie à verse, et la fatigue des fêtes pascales, nous profitons de la traverséer du parc de la Jacques-Cartier pour un temps de repos avant de retrouver Jocelyne et Alain, responsables de la Mission Saint-Étienne à Opitciwan.

L'abbé Benoit Guédas, Jocelyne Guénard, Alain Bilodeau, d.p., Laura-Maude Fiset et Élise Lussier Desbiens | Photo : xxx
Le père Benoit Guédas, Jocelyne Guénard, Alain Bilodeau, d.p., Laura-Maude Fiset et Élise Lussier Desbiens | Photo : Marie-Josée Maheux

Avec eux et leur chien, nous changeons de véhicule et remontons vers le nord du lac Saint-Jean. Une heure plus tard, nous tournons à gauche et commençons l’ascension vers Opitciwan. Les neiges viennent de fondre et nombreux sont les nids de poules qui nous accompagnent tout au long du chemin de 166 km sur terre battue.

On s’enfonce dans la forêt pour découvrir, après quelques heures, ce village d’Opitciwan. À peine arrivés, le programme commence : chapelet, louange, enseignement, messe et veillée. Dans ce village qui reçoit un prêtre en général un week-end par mois, notre arrivée est vite mise à profit. Tous les soirs de 18 h à 22 h, nous serons dans l’église!

Le père Guédas célébrant l'eucharistie | Photo : xxx
Le père Guédas célébrant l’eucharistie | Photo : Élise Lussier Desbiens

Ma première impression, c’est la joie de voir une communauté chrétienne en attente du Cœur de Jésus et de ressourcement spirituel, une communauté fidèle qui accueille cette retraite comme un temps de grâce. Une grâce spéciale nous est donnée rapidement : faire corps, « mamo », ensemble, autour du Cœur de Jésus et se remettre humblement au pied de la croix pour recevoir ses fleuves d’eaux vives.

Le Cœur de Jésus est ouvert et il y a, à Opitciwan, des bien-aimés qui ont soif de lui !

Pour moi qui ai passé deux ans en Amérique latine, je retrouve les joies de la mission et, particulièrement, la joie simple d’être ensemble. Être ensemble avec les enfants, les aînés, les personnes seules. Découvrir la forêt, la rivière, le territoire. Prier l’office devant le lac, rejoint par des compagnons chiens contemplatifs! Écouter nos frères prier en atikamekw. Joie de demeurer, de donner Jésus dans les sacrements, notamment le sacrement des malades. Tout cela dans la simplicité de l’écoute de l’Esprit pour rejoindre chacun·e.

Le père Benoît Guédas avec une aînée atikamekw | Photo : xxx
Le père Benoit Guédas avec Julie, une maman chrétienne atikamekw, qui vient de peindre une image du Sacré-Coeur | Photo : Elise Lussier Desbiens

Car l’Esprit est là ! Un soir, au cœur de la retraite, lors de la soirée Miséricorde, nous nous sommes tou·te·s retrouvé·e·s en cercle autour du Saint Sacrement exposé, main dans la main, pendant un long et beau moment. Moment de grâce impossible « à organiser » que nous ne pouvions que recevoir « d’en-haut ». Notre communion autour du Christ était touchante. Elle était aussi un tournant, je pense, pour se mettre à l’écoute de ce que l’Esprit dit aux églises.

Car si le Christ a rejoint nos cœurs blessés, il nous a aussi invité·e·s à être saisi·e·s de compassion devant les cœurs transpercés qui nous entourent. Comment le Cœur de Jésus appelle le peuple d’Opitciwan à être saisi de compassion, avec lui, pour ses frères et sœurs? Quelle souffrance portons-nous? Où nous attend-il dans ces épreuves? Quel témoignage nous invite-t-il à donner? Quel soutien nous propose-t-il d’apporter?

Samedi 18 mai. Nous redescendons vers le lac. La route a été nettoyée. Les nids de poules ont pour beaucoup disparu. Merci, Seigneur ! Car, comme toujours, nous avons bien plus reçu que donné. Merci pour ces amoureux·ses du Christ qui veulent être témoins de ton Cœur et qui nous renouvellent dans la joie de te suivre.

Lire la suite : le deuxième des trois articles.

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