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Rencontre de cœurs à Opitciwan 2

Image en bandeau : Retraite sur le Sacré-Cœur dans l’église de la Mission Saint-Étienne à Opitciwan | Photo : Jocelyne Guénard

À Opitciwan, en avril dernier, Alain Bilodeau, d.p., et Jocelyne Guénard, intervenants pastoraux en milieu autochtone, ont invité le père Benoît Guédas, prêtre de la communauté de l’Emmanuel et curé des paroisses Saint-Thomas-d’Aquin et Dina-Bélanger à Québec, à se joindre à la communauté atikamekw pour animer une retraite autour du Sacré-Cœur. Le père Guédas était accompagné d’Élise et de Laura-Maude, deux laïques. Les trois nous racontent séparément leur expérience vécue en territoire atikamekw. Deuxième de trois articles.

Lundi de Pâques, petite balade près du fleuve à l’île d’Orléans, dans la grâce du Ressuscité.

Quelle n’est pas ma surprise lorsque le père Benoit me demande : « Tu veux venir à Opitciwan avec nous? On part dans quelques jours! »

Et hop! l’aventure est lancée! Avec un défi en plus pour moi, celui que je me relève peu à peu d’une longue épreuve de maladie, à la suite d’un traumatisme crânien, et que je suis encore bien fragilisée.

Mais la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres, aux malades, aux boiteux, aux fêlés… Alors, je prends le risque (après avoir consulté mon médecin tout de même!), et j’embarque!

« Heureux les fêlés; ils laissent passer la Lumière! »

« Le christianisme est le rayonnement d’une Présence », disait Zundel. C’est ce que j’ai la grâce de contempler dans le visage de tant et tant de nos frères atikamekw rencontrés lors de notre passage chez eux.

Quelle joie! Quel accueil chaleureux, quelle simplicité, quelle prière profonde, quelle souffrance… et quelle force tranquille en même temps.

Élise et une aînée atikamekw | Photo : xxx
Élise avec Sarah, une aînée atikamekw | Photo : Laura-Maude Fiset

Des cœurs chauds, des vrais cœurs d’enfants qui nous donnent la joie d’une visitation où jaillit l’Eau vive, l’Esprit saint qui nous recrée et fait de nous un même corps.

Entre la retraite du Sacré-Cœur de Jésus chaque soir à la paroisse, les veillées de prière, ainsi que la visite des jeunes du primaire, des aînées et des frères malades dans leur maison, nous avons découvert aussi la vastitude « du territoire », comme ils disent là-bas, et les délices culinaires traditionnels. La banik chaude était délicieuse! Merci, Jeanne-d’Arc!

Au cœur de cette joie de la rencontre, très vite, nous communion au poids de souffrances multiformes qui habitent ce peuple… et chaque cœur.

Une douleur portée dignement, en silence souvent… en prière aussi. Une douleur qui dépasse les mots. Nous aimerions tant panser toutes les plaies, d’un coup… mais le réel chemin est de nous tenir la main, au pied de la Croix, et d’avancer ensemble, un pas à la fois.

« L’homme porte en soi la profondeur de la mer, le fardeau de la terre et les hauteurs du ciel. C’est pourquoi il est aussi silence, cri et chant », disait Benoît XVI.

J’ai vu tout cela rassemblé dans le visage de nos frères et sœurs d’Opitciwan.

Un silence, un cri, un chant.

Élise et une autre aînée atikamekw | Photo : xxx
Élise et Mariette, une autre aînée atikamekw | Photo : Marie-Josée Maheux

Au retour, sur la longue route forestière, nous rêvons dans tous les sens! Quelles perspectives de communion entre notre communauté et la leur, maintenant que nos cœurs ont partagé le même pain et que chaque visage là-bas a pour nous un nom? Nathalia, Adie, William, Noé, Mariette, Robert, Diane, Ginette, Annie, Sarah, Allen, Marie-Josée, Julie, Pauline…

De nouveau près des eaux vives du Saint-Laurent, ce Magtogoek, ce Chemin qui marche, je repasse tout cela en mon cœur. Dans le ciel, j’aperçois soudain de grands voiliers d’oies blanches qui reviennent du sud. Devant ce magnifique spectacle, je me dis que le Souffle de Dieu saura bien nous conduire, dans la mesure ou nous nous mettons humblement à son écoute, tous ensemble, mamo.

Grande Sagesse de nos frères et sœurs atikamekw qui ont marché, bien avant nous, avec amour et respect, « sur la terre des vivant·e·s ».

De tout cœur, mikwetc! Merci!

Lire la suite : le dernier des trois articles.

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