Aller au contenu Aller à la barre latérale Atteindre le pied de page

Seigneur, renouvelle-nous, guéris-nous

Image en bandeau : Mme Laurette Grégoire prononçant son commentaire biblique | Photo : Pascal Huot/Mission chez nous

Lors de la célébration eucharistique qui a clôturé le rassemblement soulignant le 30e anniversaire de Mission chez nous, Mme Laurette Grégoire, enseignante retraitée et membre de la Première Nation innue d’Uashat sur la Côte-Nord, a été invitée à commenter le texte de l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Mathieu (5, 1-12). Nous présentons ici l’extrait de l’évangile lu ce jour-là et le texte de son commentaire biblique.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Mathieu
Chapitre 5, versets 1 à 12

1 Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
2 Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
3 « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
4 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
5 Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
8 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
9 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
11 Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux !

Commentaire biblique de Mme Laurette Grégoire

« Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. » La montagne est le lieu où l’on se rapproche de Dieu, où Dieu est le plus proche. Un fois monté, Jésus s’assoit comme ceux qui enseignent. Puis, les disciples s’approchent : ils veulent être enseignés. Ils portent le désir de recevoir la parole qui sort de sa bouche…

Heureux êtes-vous si vous êtes avec les pauvres de cœur. Heureux êtes-vous si vous êtes avec ceux et celles qui pleurent. Heureux êtes-vous si vous êtes doux avec ceux et celles qui souffrent. Heureux êtes-vous si vous êtes avec ceux et celles qui ont faim d’amour et soif de justice. Heureux êtes-vous si vous êtes avec ceux et celles qui vivent la misère. Heureux êtes-vous si vous leur faites découvrir qu’ils portent en eux, qu’elles portent en elles la pureté du cœur de Dieu. Heureux êtes-vous si vous faites un avec vos frères et sœurs qui désirent être des artisans et artisanes de paix en leur propre cœur, en leur propre vie, malgré leurs blessures. Heureux êtes-vous si vous faites un avec ceux et celles que l’on insulte, que l’on a persécuté, ceux et celles contre qui on a dit faussement du mal. Réjouissez-vous ! Soyez dans l’allégresse ! « Votre récompense sera grande dans les cieux, dans mon territoire éternel », dit le Seigneur.

La terre que Dieu nous a cédée est une terre pleine de promesses pour l’humanité. Cette terre que Dieu nous confie est pourtant souvent une terre de désolation pour chacune et chacun d’entre nous. Vers chacun et chacune de nous, le Christ s’approche, pour nous montrer Dieu le Père. Il veut nous consoler. Il veut nous redonner la terre en héritage. Nous serons appelés fils et filles de Dieu. Le Royaume de Dieu est à nous.

Jésus, tu es venu. Tu étais un pauvre de cœur. Tu as pleuré sur nous. Tu es la douceur incarnée. Tu es venu pour prendre soin des brebis égarées que nous sommes. Toi-même, tu as eu faim d’amour, et soif de justice. Tu es allé sur la croix, non pas pour toi, mais pour chacun et chacune de nous. Tu as été un cœur pur au milieu de nous, un artisan de paix. Nous t’avons persécuté, insulté. On a dit toute sorte de faussetés contre toi à cause de nous. Seigneur, tu nous as réunis autour de toi. Tu nous as enseigné par le moyen de la prière et de la parole. Dans cette marche dans le désert, Seigneur, renouvelle-nous, guéris-nous. Ressuscite-nous, car nous sommes comme morts ou mortes, découragé·e·s. Ressuscite la parole de guérison que tu as déposé en chacun et chacune de nous, depuis toute éternité. Donne-nous la grâce de notre mère Marie afin de dire oui.

Tu me respectes, Seigneur. Jamais tu ne t’approprieras ma terre, mon cœur à moi. Cette terre, ce cœur, je veux te le céder à toi seul. Car tu es la guérison que nous attendons depuis toujours. Aide-nous, Seigneur, à nous rassembler à nouveau en Église, parce que tu es venu faire de nous un seul peuple.

Amen.

Laisser un commentaire