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Solidarité en mouvement : origines de Mission chez nous

Image en bandeau : Mission chez nous a 30 ans | Photo : Andrew Seaman/Unsplash

À noter : À l’occasion du 30e anniversaire de Mission chez nous, que nous soulignerons au cours des prochains mois, nous publierons, à raison d’un par semaine, plusieurs articles qui seront regroupés sous la rubrique « Mission chez nous a 30 ans ». Ils feront état du parcours de l’organisme, des intuitions de départ qui l’ont nourri jusqu’aux horizons à entrevoir, en passant par la riche expérience de l’engagement actuel des personnes présentes au sein des communautés autochtones. Témoins du passé, membres du CA, intervenantes et intervenants pastoraux, allié·e·s, membres des Premiers Peuples prendront la parole pour raconter ce périple hors du commun, axé sur la rencontre et le dialogue. À ne pas manquer !


Dans ce deuxième texte, Clément Vigneault, secrétaire du CA, nous présente les origines de l’organisme Mission chez nous.


Dès la fondation de l’organisme, juste après la crise d’Oka, le ton était donné : celui du rapprochement, de la partie prenante, du dialogue et du respect mutuel dans un esprit de solidarité évangélique. Une volonté de renforcer les liens et de chercher de nouvelles façons de vivre ensemble en partenaires.

Solidarité chrétienne avec les peuples autoch­tones : tel est le thème porteur des activités de Mission chez nous depuis sa toute première année d’activités en 1994. En témoigne cet extrait de l’un de ses premiers dépliants de présentation :

Nombreux sont les appels de notre Église en faveur du rapprochement entre les communautés autochtones et non autochtones. En donnant à Mission chez nous, nous devenons partie prenante de nombreux projets, nous appuyons les communautés dans la prise en charge des besoins spirituels de leurs membres.

Le ton était donné : celui du rapprochement, de la partie prenante, du dialogue et du respect mutuel dans un esprit de solidarité évangélique. Une volonté de renforcer les liens et de chercher de nouvelles façons de vivre ensemble en partenaires.

Ce partenariat, Mission chez nous le traduit en actions concrètes par son travail de sensibilisation aux réalités modernes vécues chez les Premiers Peuples et sa collecte annuelle en faveur des communautés chrétiennes autochtones. Des communautés qui se trouvent plus démunies que la moyenne des communautés chrétiennes de notre pays.

Histoire d’une collaboration

Repas fraternel près du presbytère sur la presqu'île du Grand Lac Victoria | Photo : Renelle Lasalle
Repas fraternel près du presbytère sur la presqu’île du Grand Lac Victoria | Photo : Renelle Lasalle

Quelle est l’origine de l’organisme Mission chez nous et qu’est‐il venu faire dans le paysage ecclésial mouvementé des 30 dernières années? Il faut d’abord savoir qu’auparavant, et ce, depuis quelque 175 ans, l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi – maintenant appelée Mission foi –, rattachée aux Œuvres pontificales missionnaires, apportait un soutien aux communautés chrétiennes du « Grand Nord canadien1 » au même titre qu’aux missions de plusieurs pays défavorisés à travers le monde. Or les besoins de ces pays n’ont cessé de croître et, reconnaissons‐le, nous sommes loin, au Canada, d’être dans un pays défavorisé. Ainsi, le Vatican en est venu à demander à l’Église canadienne de répondre autrement aux besoins des communautés chrétiennes des diocèses du Nord. Notons que cette appellation nordique désignait une répartition géographique on ne peut plus approximative; en réalité, Mission chez nous vient en aide à des communautés chrétiennes autochtones de divers points cardinaux2. Nous retrouvons néanmoins dans ce creuset le sens originel du nom de l’organisme Mission chez nous, à savoir la prise en charge de missions dont le cœur bat au sein de notre propre pays.

Une autre précision s’impose à propos de ce tracé originel. Les Œuvres pontificales missionnaires n’étaient pas seules à venir en aide aux « missions du Nord ». Depuis le début du 20e siècle, l’organisme anglophone Catholic Missions in Canada – auparavant appelé The Catholic Church Extension Society – apporte depuis son siège social à Toronto un soutien diversifié à bon nombre d’œuvres ecclésiales, incluant des communautés chrétiennes en milieu autochtone. La fondation de Mission chez nous, au cours de l’année pastorale 1993‐1994, instituait un nouveau partenaire francophone à Catholic Missions, les deux groupes étant depuis au service des communautés chrétiennes en milieu autochtone.

Nicole O'Bomsawin et Suzanne Tremblay, directrice de Mission chez nous pendant 17 ans | Photo : Archives de Mission chez nous
Nicole O’Bomsawin et Suzanne Tremblay, directrice de Mission chez nous pendant 17 ans | Photo : Archives de Mission chez nous

Les premiers pas de Mission chez nous sont ainsi marqués d’un esprit de collaboration, mais aussi de reconnaissance et de gratitude. Ce partenariat multiorganisme a revêtu des formes on ne peut plus concrètes, puisqu’il s’est traduit par des mises de fonds initiales de la part de Catholic Missions et des Œuvres pontificales missionnaires. L’organisme Mission chez nous est donc né sous le signe d’une entraide, d’un océan à l’autre, qui lui aura permis de voler ensuite de ses propres ailes grâce à ses propres donateurs et donatrices.

On croirait trouver dans ces éphémérides un écho des mots de Jean‐Paul II prononcés 10 ans plus tôt, lors de sa visite à Sainte-Anne‐de‐Beaupré, le 10 septembre 1984 : « En recherchant une bonne entente entre les habitants de ce pays face aux difficultés du monde moderne, il faut que vous ayez tous confiance en ce que vous pouvez faire pour vous entraider et vous renouveler. » C’était dans le cadre d’une rencontre avec des Autochtones. Aujourd’hui encore, rien ne se fait isolément. La mission de l’organisme Mission chez nous est une histoire d’Église au sens étymologique du terme : c’est en « assemblant » que l’on construit et que l’on progresse.

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