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Un carnet oublié

Image en bandeau : Lire en nature | Photo : Ben White/Unsplash

Recension du livre Un carnet oublié de Virginia Pesemapeo Bordeleau (Wendake, Éditions Hannenorak, 2024, 32 pages, Coll. Solstice)

« Des textes courts, des paroles en éveil, une présence rayonnante, à l’image de notre été : la collection “Solstice” se veut un appel à l’étonnement, au voyage, à la fulgurance ». Cette collection propose de courtes histoires à lire d’un souffle, sans même avoir besoin d’un marque-page. Chaque récit offre l’occasion de découvrir des auteurs et autrices de la littérature autochtone actuelle ainsi que leur univers riche et diversifié.

Ne boudez pas votre plaisir! Grâce à cette initiative, le manque de temps ne peut plus servir d’excuse pour ignorer la richesse et l’effervescence de cette littérature.

Après deux premiers titres publiés en 2022, de Jocelyn Sioui (Frétillant et agile) et de J.D. Kurtness (Bienvenue, Alyson), la collection revient en 2024, pour notre plus grand bonheur. Les Éditions Hannenorak poursuivent leur démarche avec deux nouveaux titres, l’un par l’ethnologue Isabelle Picard et l’autre, qui nous intéresse plus particulièrement ici, par l’artiste multidisciplinaire Virginia Pesemapeo Bordeleau.

Avec son apparence physique presque semblable à un passeport canadien, légèrement plus grand et d’un bleu plus pâle, le livre permet au lecteur ou à la lectrice de suivre, à l’exemple des tampons de douane, les nombreux voyages effectués autrefois par une kokum. Cette plaquette, offerte par l’autrice eeyou, est une courte nouvelle racontant l’histoire d’une vieille qui, devant quitter sa maison dans quelques mois, retrouve dans une boîte de carton, sortie du fond d’un placard de son sous-sol, un carnet oublié qu’elle avait écrit dans le passé.

Ce carnet la replonge dans ses mémoires, ses voyages, son art et ses amours. Du présent au passé, ses souvenirs romantiques avec son amant Mathieu nous entraînent dans ses aventures amoureuses. Avec nostalgie, humour et bienveillance envers elle-même, la grand-mère redécouvre avec un sourire de tendresse « la femme de braise qu’elle avait été, passionnément prise par des pulsions et des sentiments explosifs » (p. 8).

La poétesse Virginia Pesemapeo Bordeleau propose une image actualisée d’une grand-mère en lui insufflant une réalité et une vie passée, mettant en lumière toute la profondeur et la sensualité de sa présence. Par son récit, elle redonne à Kokum une dimension riche et palpable qui transcende les stéréotypes et lieux communs.

Prêt pour l’embarquement? Départ en souvenance, premier arrêt : Venise.

Pour aller plus loin, voir l’entrevue de Catherine Ego avec Virginia Pesemapeo Bordeleau dans le cadre de l’émission de radio Confluents.

 

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