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Une façon à eux de vivre la foi

Image en bandeau : église d’Uashat | Photo : Diocèse de Baie-Comeau

Alfred Ravelomampisandraibe, prêtre, missionnaire oblat de Marie Immaculée, est originaire de la grande île de Madagascar. Quand il est arrivé en plein hiver, en 2016, sur la Côte-Nord, il a fait deux découvertes : la dureté du climat et la profondeur de la foi chez les Innus. Témoignage d’un homme qui travaille depuis 7 ans avec les communautés innues de la Côte-Nord.

Depuis l’année 2016, je suis sur cette terre canadienne. Je suis arrivé en plein hiver : quel choc climatique ! Je m’en souviens encore ! Depuis mon arrivée, je travaille en milieu innu, dans les communautés de Mani-Utenam et d’Uashat, en plus de répondre aux besoins d’autres communautés innues, dont celles de Matimekush-Lac John, près de Schefferville, et d’Ekuanitshit (Mingan).

J’aimerais vous raconter ma première réaction au début de mon ministère auprès du peuple innu. J’étais profondément déçu de trouver leurs églises vides, car j’ai travaillé durant plusieurs années dans mon pays où chaque messe attire une grande foule. Les liturgies sont dynamiques et intègrent notamment de la danse, des éléments de notre folklore, etc. Puis, au fur et à mesure que j’ai plongé dans le travail pastoral proprement dit avec les Innus et que les collaborations avec les gens se sont multipliées, j’ai ressenti la profonde qualité de leur foi. Je me permets d’insister : les Innus, en général, ont une foi extraordinaire. Même s’ils ne viennent pas à la messe le dimanche, ils écoutent la célébration à la radio et vivent leur foi à leur manière.

Église de Mani-Utenam | Photo : Alfred Ravelomampisandraibe

Un jour, j’ai visité une famille. J’ai rapidement remarqué leur coin de prière. C’était magnifique. On aurait dit une petite chapelle. C’était particulièrement impressionnant, également, de voir les aînés faire le chemin de croix par cœur, sans même consulter les livres de prières.

Petit autel dans une famille de la communauté innue | Photo : Alfred Ravelomampisandraibe

Je suis persuadé que, dans nos communautés, il y a quantité de prières qui montent vers le ciel, surtout pendant ce temps de carême. Certains récitent le chapelet tous les jours, d’autres font la prière à la radio, d’autres encore font le chemin de croix à tous les vendredis du carême, etc. Même sur les réseaux sociaux, différentes prières circulent ! D’une certaine manière, nous aurions tant à apprendre d’eux dans la façon qu’ils vivent leur relation au Créateur.

Pendant la Semaine sainte, je vais célébrer dans les deux communautés d’Uashat et de Mani-Utenam. Mon confrère, le père Édouard, qui est actuellement étudiant à l’Université d’Ottawa, sera du côté de Matimekush–Lac John, et le père Ali Nnaemeka, lui, sera de retour avec les siens à Ekuanitshit, profitant d’une pause dans ses études à l’Université Saint-Paul.

Merci de nous porter dans vos pensées et vos prières !

2 Comments

  • Irène Brouillette
    Publié 28 mars 2023 à 21 h 22 min

    Fort intéressant. Information pertinente sur un coin de notre pays et une communauté vivante. Merci d’être venu au Québec, père Alfred.

  • Gisèle Gaudet
    Publié 3 novembre 2023 à 9 h 30 min

    Je suis très contente dans appendre davantage sur la foi des communautés innues.Belle information
    Merci Père Alfred bienvenu au Québec.

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