Image en bandeau : Site patrimonial de la Pinède d’Oka | © Municipalité d’Oka
(Répertoire du patrimoine culturel du Québec)
Il y a 35 ans, la crise d’Oka – événement que les Kanien’kehá:ka (Mohawk) préfèrent souvent appeler « le siège de Kanehsatà:ke et de Kahnawà:ke » – secouait le Québec et le Canada tout entier. Pendant 78 jours, à l’été 1990, la communauté mohawke de Kanehsatà:ke s’est opposée à l’agrandissement d’un terrain de golf sur des terres ancestrales, incluant un cimetière et une pinède sacrée. Ce face-à-face tendu entre les Mohawks, la Sûreté du Québec, puis l’armée canadienne, a mis en lumière les profondes injustices coloniales toujours à l’œuvre.
Ce dossier, publié progressivement entre le 11 juillet et le 26 septembre, dates de ces événements qui ont à l’époque attiré l’attention mondiale sur les revendications territoriales des peuples autochtones au Canada, propose de revenir sur ces journées de l’été 1990 en vous offrant une entrevue exclusive avec Ellen Gabriel, figure emblématique de la résistance menée alors par la communauté de Kanehsatà:ke, un compte-rendu du récent livre d’entretiens d’Ellen Gabriel, Quand tombent les aiguilles de pin. Une histoire de résistance autochtone, et cinq textes explorant la solidarité de groupes chrétiens d’ici et d’ailleurs mobilisés à l’époque.
Une entrevue audio de Catherine Ego et Mathieu Lavigne avec Ellen Gabriel
À l’occasion du 35e anniversaire de ce qu’il est convenu d’appeler la « crise d’Oka », l’émission de radio Confluents propose un épisode hors-série consacré à une voix de tout premier plan dans la protection et la défense des droits autochtones au Canada : la militante, documentariste et artiste visuelle Ellen Gabriel – ou Katsi’tsakwas dans sa langue, le kanienʼkéha. Exceptionnellement, cette entrevue est réalisée en anglais.
Écouter l’entrevue audio avec Ellen Gabriel
(épisode hors-série de l’émission Confluents)
Katsi’tsakwas Ellen Gabriel a toujours vécu à Kanehsatà:ke, une communauté kanien’kehá:ka (mohawke) établie au nord de Montréal et entièrement enclavée dans la municipalité d’Oka.

En 1990, un projet d’expansion d’un terrain de golf dans une pinède et un cimetière sacrés pour les Kanien’kehá:ka déclenche un affrontement armé qui les opposera à la Sûreté du Québec puis aux Forces armées canadiennes pendant 78 jours, du 11 juillet au 26 septembre.
Dans cette « crise d’Oka », qu’elle préfère appeler le « siège de Kanehsatà:ke », Katsi’tsakwas Ellen Gabriel devient l’une des porte-paroles les plus médiatisées de sa nation. En dépit de son jeune âge, elle jouera un rôle central dans cette résistance historique, un événement qui laissera des traces durables et profondes dans sa trajectoire personnelle, mais aussi dans sa communauté et dans les relations entre Autochtones et allochtones de tout le Canada.
Amplement relayé par les médias du monde entier, l’affrontement a également redéfini le regard que la population canadienne pose sur les droits et les revendications autochtones et sur la résistance multiséculaire des Premiers Peuples d’un bout à l’autre du pays. À l’international aussi, il a suscité une vaste réflexion sur les droits territoriaux et les aspirations politiques des Autochtones.
Depuis le conflit de l’été 1990, Katsi’tsakwas Ellen Gabriel se consacre à la promotion des droits des peuples autochtones, au Canada comme à l’étranger, et travaille inlassablement pour que justice soit rendue aux femmes et filles autochtones disparues ou assassinées.
Katsi’tsakwas Ellen Gabriel a été présidente de Femmes autochtones du Québec de 2004 à 2010 et s’est exprimée sur les tribunes les plus prestigieuses du monde, notamment les Nations Unies. Documentariste et artiste visuelle de renom, elle a été en 2024 la première artiste autochtone récompensée par le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, une prestigieuse distinction établie 38 ans plus tôt.
Katsi’tsakwas Ellen Gabriel faisait paraître récemment When the Pine Needles Fall: Indigenous Acts of Resistance, un livre d’entretiens avec l’historien Sean Carleton dans lequel elle témoigne du rôle qu’elle a joué et des réalités qu’elle a vécues pendant la crise d’Oka/le siège de Kanehsatà:ke. Dans cet ouvrage, elle évoque aussi son engagement indéfectible en tant que militante, féministe et protectrice des terres. Ce livre est maintenant publié en français aux Éditions du remue-ménage sous le titre Quand tombent les aiguilles de pin. Une histoire de résistance Autochtone dans une traduction de Marie C. Scholl-Dimanche.
Dans cette entrevue réalisée par Catherine Ego et Mathieu Lavigne, Katsi’tsakwas Ellen Gabriel évoque les événements de Kanesatake de 1990 tels qu’elle les a vécus de l’intérieur, les luttes qui l’ont animée toute sa vie, et ses espoirs pour l’avenir. Au microphone de Confluents, elle offre un point de vue autochtone et féministe sur des événements trop longtemps racontés par d’autres que les principaux intéressés.
Écouter l’entrevue audio avec Ellen Gabriel
(épisode hors-série de l’émission Confluents)
Entrevue : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Montage : Catherine Ego
Musique : Arturo Parra
La production de Confluents est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph, du Fonds Roland-Leclerc et de la Fondation Lucien-Labelle.

