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Un MOOC qui donne place aux Premiers Peuples

Image en bandeau : Capture d’écran de la présentation visuelle du MOOC Place aux Premiers Peuples offert par l’Université de Montréal | Source : catalogue.edulib.org

« Les Indiens ne payent pas de taxes !1 » L’idée reçue que les Autochtones ne paient pas de taxes persiste, alimentée par une profonde méconnaissance. Il est incroyable de penser qu’un tel préjugé, parmi tant d’autres, subsiste encore aujourd’hui. Et si un MOOC contribuait à démystifier ces préjugés et à dissiper les malentendus ?

Le MOOC2 intitulé Place aux Premiers Peuples3, proposé par l’Université de Montréal, vise à sensibiliser le grand public, principalement allochtone, à mieux comprendre la réalité des Premiers Peuples du Canada. Cette formation, en ligne, gratuite et offerte à tou·te·s, constitue une occasion pour la population d’approfondir ses connaissances sur ces communautés, souvent méconnues ou mal comprises, tout en remettant en question certains stéréotypes et préjugés à la couenne dure.

La richesse et la diversité des cultures et des savoirs des Premières Nations, des Inuits et des Métis y sont mis de l’avant afin de contribuer positivement au processus de réconciliation et de décolonisation en favorisant la connaissance et le respect mutuel.

Démarche supplémentaire vers la réconciliation

Conçu comme une initiation aux réalités historiques et contemporaines des peuples autochtones au Canada, ce MOOC met en lumière les inégalités persistantes et la discrimination systémique qui marquent leur quotidien. Les « enjeux auxquels les personnes et communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont confrontées sont généralement de nature systémique et profondément ancrées dans les structures et les systèmes, entre autres ceux de la justice et de la santé, même s’ils ont leurs racines dans le passé colonial du Canada4 ». 

Cette sensibilisation permet d’aborder plusieurs enjeux autochtones contemporains, tels que l’impact de la colonisation, les pensionnats, la perte des langues et les revendications territoriales.

Le MOOC, conçu pour être suivi à son propre rythme, se compose de deux modules :

  • Module 1 – L’importance du contexte et
  • Module 2 – La sécurisation culturelle et le processus de réconciliation.

Chaque module nécessite environ 2 heures pour être complété. Il combine dans son approche pédagogique principalement de la lecture sur les thématiques abordées, complétée par de courtes capsules de témoignages vidéo et de petits quiz récapitulatifs. Une évaluation finale de 15 questions à choix multiples permet, avec l’obtention d’une note minimale de 70 %, d’obtenir une attestation de participation. Bien que destiné en premier temps au milieu universitaire par ses exemples, celles-ci s’adapte et s’applique facilement à tout milieu.

Retour de classe

Dans le cadre de la rédaction de cet article, j’ai suivi l’intégralité de la formation proposée. Cette démarche m’a permis de mieux comprendre son contenu, mais également d’en saisir la portée pour les destinataires ciblés et les particularités. Globalement, j’ai trouvé le cours à la fois clair et structuré de manière intuitive, ce qui en fait une excellente introduction aux Premiers Peuples pour la population en générale. Ce type d’information est particulièrement intéressant pour quiconque cherche à développer une meilleure compréhension des enjeux autochtones, qu’il s’agisse de novices ou de personnes souhaitant consolider leurs connaissances de base.

Ce MOOC présente un contenu qui reste simple à comprendre, ce qui est particulièrement appréciable pour un large public. Cela dit, bien que l’ensemble soit enrichissant, il y a une quantité importante de lectures à l’écran, ce qui peut alourdir légèrement l’expérience pour certain·e·s participant·e·s. L’intégration de davantage de capsules vidéo pourrait rendre cette formation encore plus attrayante en dehors du milieu académique. Ces témoignages apportent une dimension humaine très précieuse, offrant des visages et des récits vivants pour illustrer les concepts développés. Le temps estimé de 4 heures en tout demeure très réaliste.

En définitive, il s’agit d’une initiative bienvenue pour la sensibilisation aux enjeux contemporains. En offrant une tribune aux Premiers Peuples, ce MOOC permet assurément de lutter contre les stéréotypes et d’encourager le dialogue interculturel : une contribution à la construction d’une société plus éclairée, solidaire et harmonieuse. En somme, cet enseignement constitue une base intéressante et facilement accessible à tou·te·s pour mieux appréhender les réalités autochtones.

Un petit programme que les employeurs devraient proposer à leurs employé·e·s5 !

Pour obtenir un avis supplémentaire, j’ai invité une adolescente à suivre la formation.

Du côté des jeunes

Mia-Neige Huot

Attestation de participation remise à la fin de la formation Place aux Premiers Peuples offerte par l’Université de Montréal.
Attestation de participation remise à la fin de la formation Place aux Premiers Peuples offerte par l’Université de Montréal.

J’ai 16 ans et je suis étudiante en quatrième secondaire. On pourrait croire qu’un cours de niveau universitaire serait hors de portée pour quelqu’un de mon âge, que les termes complexes ou les notions plus abstraites représenteraient un véritable obstacle. Cependant, ce ne fut pas le cas. Cette formation s’est révélée à la fois captivante et accessible, notamment grâce aux mises en situation concrètes, aux exemples clairs et aux témoignages d’élèves qui rendaient l’apprentissage vivant et dynamique.

Cette formation m’a permis de revisiter certains des thèmes de l’histoire abordés en classe, mais cette fois à travers une lentille autochtone, ce qui a profondément enrichi ma perspective, tout en approfondissant ma compréhension des enjeux sociaux, culturels et politiques qui touchent encore aujourd’hui ces communautés. Une part importante du programme est consacrée à la recherche de solutions face aux problèmes vécus dans les milieux universitaires. Même si je ne fais pas encore partie de ce monde, j’ai pu tirer profit des connaissances transmises, qui m’ont permis de mieux comprendre certaines dynamiques et certains enjeux présents au secondaire.

Ma génération est très sensibilisée aux réalités autochtones, et je suis convaincue que plusieurs personnes de mon âge seraient curieuses et motivées à l’idée de suivre une telle formation.

Pour aller plus loin

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