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Les six saisons chez les Atikamekw

Image en bandeau : Sikon, au pré-printemps s’amorce la fonte des glaces | Photo : Pascal Huot

Dans leur vision du monde, les Atikamekw découpent l’année en six saisons, plutôt que quatre, comme le propose le modèle occidental. Des saisons ainsi plus près des cycles naturels associés au rythme du territoire qu’ils habitent et de leur identité.

Pour les Atikamekw Nehirowisiwok1, la forêt boréale fait partie intégrante du mode de vie. Leur territoire ancestral se situe en Haute-Mauricie, au cœur de Nitaskinan2. En phase avec le territoire, le respect du rythme des cycles annuels leur permet de vivre pleinement leur identité. « À chaque saison correspond un ensemble de ressources, d’activités et de méthodes de chasse, de pêche, de piégeage, de cueillette et de conservation3 ». Ces activités intégrées dans un cercle annuel continu permettent notamment la transmission de leur langue et de leurs connaissances, en plus de contribuer à « maintenir le mode de vie nehirowisiw », soit le « nehirowisi pimatisiwin ». Cette expression « englobe les pratiques, les connaissances, les valeurs et les coutumes qui permettent à un individu d’être autonome sur Nitaskinan4 ».

Au cours des douze mois de l’année, les saisons s’échelonnent non pas sur quatre, mais bien sur six périodes distinctes : Nipin, Takwakin, Pitcipipon, Pipon, Sikon et Miroskamin. Si, par le passé, pour chaque période, une activité principale s’y démarquait, d’autres activités traditionnelles5 et déplacements6 sur Nitaskinan avaient lieu également. Avec la sédentarisation, ce mode de vie a été modifié, mais être en territoire demeure fondamental pour la nation.

Les six saisons atikamekw

Le Nipin (le temps de la cueillette) a lieu de juillet (Mikomin Pisimw) à août (Otatokon Pisimw). Il s’agit de la saison où la nature atteint son plein épanouissement. On pratique la pêche au filet et la chasse au petit gibier. La cueillette des plantes médicinales et des petits fruits, dont le bleuet7, rythme l’été. Les grands rassemblements ont également cours pendant le Nipin.

Avec les jours qui raccourcissent, Takwakin (les feuilles qui tombent) prend place de septembre (Kakone Pisimw) à octobre (Namekosi Pisimw). On pêche8 encore et on procède au fumage du poisson, mais c’est surtout le moment de la chasse de mos (orignal)9 durant sa période de rut. Tranquillement, il faut se préparer pour le retour vers le territoire familial.

Pitcipipon (pré-hiver) suit avec les mois de novembre (Atikamekw Pisimw) et de décembre (Pitcipipon Pisimw). La neige revient et les animaux se parent de leurs plus belles fourrures. C’est la saison de la trappe, du voyage vers le territoire et de l’installation semi-permanente.

Puis, alors que la neige s’est installée pour de bon, Pipon (le froid) se dépose de janvier (Kenositc Pisimw) à février (Akokatcic Pisimw), mois de la marmotte. La pêche s’exerce désormais sous la glace. Établis en territoire, dans le campement, les Atikamekw occupent le temps par le tannage de la peau de mos, dont les morceaux découpés en babiches permettront de tresser les raquettes.

Durant les mois de mars (Nikikw Pisimw) et d’avril (Ka Wasikatotc Pisimw), Sikon (pré-printemps) entraîne le réveil de la nature avec la fonte des neiges. C’est le temps des sucres (sirop d’érable) et de la fabrication de paniers d’écorce10, puis on se prépare pour la descente vers le rassemblement estival.

Lorsque la terre dévêt son manteau de neige et que les oiseaux reviennent, cela signifie que Miroskamin (la floraison) bat son plein. Avec la floraison de mai (Wapikon Pisimw) et les fraises de juin (Otehimin Pisimw), la période est propice pour pêcher au filet, trapper et chasser, notamment le canard (notcicipaniwon) et la perdrix (natowirewaniwon). Il s’agit également d’une période de déplacement pour les Atikamekw et la faune.

Et puis… revient le Nipin !

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