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Rencontre de cœurs à Opitciwan 3

Image en bandeau : Retraite sur le Sacré-Cœur dans l’église de la Mission Saint-Étienne à Opitciwan | Photo : Jocelyne Guénard

À Opitciwan, en avril dernier, Alain Bilodeau, d.p., et Jocelyne Guénard, intervenants pastoraux en milieu autochtone, ont invité le père Benoît Guédas, prêtre de la communauté de l’Emmanuel et curé des paroisses Saint-Thomas-d’Aquin et Dina-Bélanger à Québec, à se joindre à la communauté atikamekw pour animer une retraite autour du Sacré-Cœur. Le père Guédas était accompagné d’Élise et de Laura-Maude, deux laïques. Les trois nous racontent séparément leur expérience vécue en territoire atikamekw. Dernier de trois articles.

Notre retraite à Opitciwan auprès du Sacré-Coeur est un parcours de grâce en grâce, déjà par son annonce, le jour de Pâques, après la messe des disciples d’Emmaüs rejoints par le Ressuscité alors même qu’ils quittaient Jérusalem dans la tristesse. L’invitation ressemblait à ceci: «Une retraite de six jours sur le Sacré-Coeur qui implique près de 7 h de route, dont 3 h en forêt avec le chien du diacre et de sa femme sur les genoux.» Ma joie de la Résurrection, déjà teintée d’une euphorie de fatigue, s’enflamme alors sans pareille. Un examen à déplacer, par la grâce de Dieu, tout est possible!

Cette route sera parsemée de rires. Nous y rencontrons Alain et Jocelyne, qui veilleront avec tant de soin à notre séjour. La distance et les forêts disposent au recueillement et notre arrivée s’ouvre sur la grandeur de l’horizon, si lumineux derrière l’immense lac gelé. À peine le souper englouti, nous découvrons le rythme qui sera celui de nos soirées: chapelet, louange, enseignement, messe, veillée de prière. La première caractéristique de la communauté catholique d’Opitciwan qui me marque est sa ferveur dans la prière et dans la mission. Avec les multiples équipes de louange (Ronald, Kevin, Ryan), Pauline et Jeanne d’Arc qui se joignent à la messe à la maison des aînés, Mariette qui nous accompagne pour les sacrements des malades, Diane et Francine qui œuvrent à l’école secondaire, Marie-Josée, Ginette et Cécile qui sont auprès des enfants au primaire, Julie qui peint, Adie et Léna qui servent fidèlement la messe, et tous ceux et celles dont le soutien dans la prière a été la clé pour cette retraite, nous voyons en eux de véritables piliers, des personnes qui témoignent de la présence de Dieu dans notre monde, en qui le don de force de l’Esprit Saint est si manifeste.

Célébration avec les aînés | Photo : Jocelyne Guénard
Célébration avec les aînés. Laura-Maude est à droite complètement | Photo : Jocelyne Guénard

Une deuxième merveille a été de voir combien l’Esprit saint a guidé la retraite d’une manière si étonnante, dans les petits gestes comme dans les grands moments forts, tels que la fin de la veillée de prière pour les malades. Ayant été invités par les enfants en après-midi dans un cercle de la parole mamo, ensemble, la fin de notre veillée a entonné un Veni Sancte Spiritus pendant lequel nous nous sommes tous et toutes mis en cercle autour du Saint Sacrement, nous tenant les mains. Lorsque le chant s’est éteint, il a laissé place aux prières en murmures qui étaient comme des chants d’oiseaux par les teintes de la langue atikamekw.

Dans tout ce qu’il nous a été donné de contempler, une troisième grâce a été la joie qui a régné au cœur d’une retraite pendant laquelle nous plongeons parfois aussi dans des souffrances. Le jour de la fête de sainte Kateri Tekakwitha, cette joie a été à son comble auprès des enfants de la classe de Marie-Josée, chantant ensemble sous une pluie de bulles savonneuses : Que ma bouche chante ta louange.

Un moment agréable en raquettes | Photo : xxx
Un moment agréable en raquettes sur le territoire, avec Marie-Josée et notre guide Allen | Photo : Benoit Guédas

Enfin, je désirais depuis longtemps apprendre de la foi des Premières Nations qui se construit certainement dans l’épreuve, portant ainsi les souffrances de Jésus et, surtout, l’amour infini qu’il veut y déployer. J’ai souvent constaté que des perles de lieux comme Opitciwan ne peuvent pas être visités en simples touristes. Je rends profondément grâce pour cette occasion de rencontre vécue dans les grâces de Pâques et je nous confie à vos prières pour ses suites.

 

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