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Journée nationale de la vérité et de la réconciliation : faire alliance

Tous les 30 septembre, nous faisons mémoire des enfants autochtones jadis arrachés à leur famille et envoyés dans les pensionnats, dont plusieurs ne sont jamais revenus. Nous écoutons aussi les voix des survivantes et survivants, et de leurs proches, qui portent encore les traces douloureuses de cette histoire. Cette journée nous rappelle surtout que la réconciliation n’est pas un geste ponctuel, mais un chemin qui demande constance, humilité et courage.

La réconciliation est fragile. Elle exige que nous entretenions l’élan des dernières années afin qu’il s’inscrive dans la durée. Le changement est réel, mais il doit continuer. Ce chemin suppose d’approfondir patiemment la relation et de demeurer attentifs aux appels des Premiers Peuples.

Dans ce processus, autochtones et non-autochtones sont invité·e·s à devenir des allié·e·s. Être allié renvoie à un verbe : s’allier, faire alliance, alliance où les parties s’engagent les unes envers les autres. Être allié demande aussi d’agir, au bénéfice de toutes les parties, et de le faire avec humilité. Cette humilité culturelle nous enseigne que nous avons toujours à apprendre de l’autre, qu’il ou elle détient une part de vérité dont nous avons besoin et que l’alliance se construit à plusieurs. On ne peut se dire allié·e seul·e : il faut donner la parole, écouter, cocréer des espaces de dialogue, accepter de transformer nos façons de décider, de vivre, de faire communauté, notamment en Église.

Même sans présence autochtone à proximité de chez soi, nous pouvons soutenir ce mouvement : en parlant de ces réalités, en faisant connaître des organismes autochtones, en soutenant leurs initiatives, en transmettant des ressources conçues par les Premiers Peuples et avec eux… Nous sommes invité·e·s, comme le rappelle l’ex-député d’origine crie Robert Falcon Ouellette, « à imaginer un pays où les enfants autochtones grandissent en sécurité, fiers et épanouis; où des langues longtemps interdites sont de nouveau parlées librement; où les traités sont respectés; et où chacun et chacune, Autochtone ou non, comprend que cette terre porte plus d’une histoire1 ».

Aujourd’hui, demandons-nous : quelle est ma responsabilité dans ce chemin de réconciliation? Comment puis-je y contribuer avec sincérité, respect et espérance?

Que l’Esprit nous guide pour faire de cette alliance une œuvre durable, juste et vivifiante.

L’équipe de Mission chez nous 

À noter que cet article est paru à l’origine dans la numéro mensuel de septembre 2026 du
Prions en église.

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