À l’approche de Noël, la fébrilité des préparatifs se met de la partie. Mais pour retrouver le sens de Noël, puis l’espérance et la gratitude qui doivent présider à ce temps d’attente, il peut être bon de se laisser inspirer par le regard qu’en ont nos frères et sœurs autochtones. Et nos vœux vous accompagnent pour ce temps de rituels sacrés.
Sur notre chemin vers la guérison et la réconciliation, nous nous rappelons ces paroles de Jésus : «Venez à moi, vous tous qui portez de lourds fardeaux, je vous donnerai du repos.» (Matthieu 11, 28) C’est là aussi notre mission.
Depuis l’événement Jésus Christ, et « l’universalisation » de son message, l’un des grands défis de notre temps réside certainement en celui d’embrasser la fragilité de l’être humain. Et le missionnaire est celui qui marche avec l’autre pour accueillir sa fragilité, mais surtout, fragile lui-même, pour se laisser transformer par lui.
L’Église a besoin des autres pour découvrir son rôle et son identité aujourd’hui. Alors qu’elle prend de plus en plus conscience de vivre sur un fond de précarité et de faiblesse, elle fait l’expérience, ici et là, d’être accueillie et secourue par d’autres qui lui sont étrangers, lui apportant ainsi un élément de salut.
Le 30 septembre, nous sommes invités à réfléchir à ces mots : vérité et réconciliation. Mais pour des membres des Premiers Peuples, un autre mot est porteur d’espérance : guérison.
Cherchant un peu quel sujet je pourrais traiter cette fois-ci, on m’a conseillé de partir d’un livre ou d’un reportage sur les Premiers Peuples afin de m’inspirer quelque peu. Étant moins présent aux activités et aux rencontres autochtones depuis quelques mois, je cherchais malgré tout quelque chose de concret à raconter, quelque chose de personnel.
La préoccupation missionnaire habite l’Église et les chrétiens depuis toujours. L’approche traditionnelle de l’annonce de l’Évangile suivait le modèle où tout partait du missionnaire et parvenait avec plus ou moins de succès aux possibles nouveaux adeptes. Avec le temps, l’œuvre de transmission est devenue de plus en plus soucieuse des particularités du milieu et a adapté le message, mais sans changer de modèle. Or, aujourd’hui, la prise en compte du milieu semble de plus en plus interroger cette approche, au point où certains se demandent si le moment n’est pas…
Pour Anne Doran, auteure, professeure à l’Institut de pastorale des Dominicains de Montréal, spécialiste de la culture innue traditionnelle et chrétienne, la rencontre des Innus a été déterminante. Elle a découvert en particulier comment, pour eux, le don se trouvait au fondement d’une vision du monde où tous les êtres se portent vie mutuellement, sont unis les uns aux autres. Ce qui l’a amenée à redécouvrir l’importance du don au sein même de sa propre tradition spirituelle, le christianisme.
Lors du dernier « dimanche du cèdre », c’est-à-dire en ce dimanche des Rameaux 2023, le père Reegan Soosaï, c.m.f., a prononcé, dans les communautés de Timiskaming First Nation et de Long Point First Nation, une homélie inspirée par ce que représente cet arbre. Il y formule un souhait de santé et de guérison en s’inspirant de cette plante médicinale traditionnelle symbole de vie. Texte intégral de l’homélie.
Ce troisième volet de notre réflexion sur la mission aujourd’hui s’intéresse au problème soulevé par les missionnaires, dès avant Vatican II, de l’incompréhension du langage ecclésial par des peuples qui ne partagent pas la culture des missionnaires venus des pays européens et nord-américains.
La véritable mission n’existe pas pour le service de l’Église elle-même et son propre bénéfice, mais elle se met au service du royaume de Dieu qui vient. Elle se fait surtout présence et témoignage, engagement au service des personnes et de la libération humain et instigatrice du dialogue interreligieux.
Le mot mission fait désormais partie du vocabulaire de la vie de tous les jours : « Je te confie une mission délicate », « je te demande de rédiger un énoncé de mission gagnant. » Mais jusqu’à récemment, il était propre au vocabulaire chrétien et désignait la communication de la foi.
